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A Alep, les rebelles se préparent à la grande bataille, et à la mort

26/07/2012 11:25 EDT | Actualisé 25/09/2012 05:12 EDT

Dans le quartier Salaheddine à Alep, des centaines de rebelles se préparent à une offensive majeure de l'armée régulière. Beaucoup sont convaincus qu'ils n'y survivront pas, mais pas question pour autant de succomber à la peur.

La veille au soir, les forces du régime de Bachar al-Assad ont bombardé pendant près de cinq heures, sans discontinuer, ce quartier du sud-est de la deuxième ville de Syrie, presque entièrement aux mains des rebelles, a constaté un photographe de l'AFP.

Ces derniers ont installé des centres de soins dans les sous-sols des écoles et des mosquées. Un enfant de dix ans est transporté dans l'un d'eux, blessé dans son sommeil à la jambe par un éclat d'obus. Il succombera quelques minutes plus tard, relate le photographe.

Les bombes n'empêchent pas les rebelles de prendre ensemble leur repas de rupture de jeûne du mois sacré du ramadan. A l'un de ces repas, ils donnent de la nourriture à deux jeunes hommes, yeux bandés et mains attachées dans le dos.

Ce sont des "chabbiha", cette milice pro-régime honnie des habitants, assurent leurs gardiens. Plus tard dans la nuit, ils sont tous deux exécutés dans la rue, d'une balle dans la tête pour chacun, devant le photographe.

Le lendemain, les rebelles sont à pied d'oeuvre: il faut se préparer à l'arrivée imminente des renforts de l'armée, et à une probable offensive de grande ampleur. Des barricades sont érigées avec des sacs de sable, un autobus est disposé en travers d'une rue pour la bloquer.

Plusieurs hélicoptères tournent au-dessus des habitations et mitraillent le sol.

Les habitants du quartier, eux, fuient en masse --les femmes et les enfants surtout, le plus souvent à bord de camionnettes.

Chez les combattants, on scande des slogans pour se motiver, on s'entraîne.

Les rebelles, plusieurs centaines d'hommes, se sont organisés en différents groupes dirigé chacun par un leader faisant office de chef à la fois militaire et religieux.

Certains ont fait un long voyage pour combattre à Salaheddine, comme ce Syrien installé en Suède, venu au secours de ses compatriotes, ou ce Libyen, venu libérer la Syrie après avoir combattu une autre oppression dans son propre pays.

En attendant l'assaut, et sans doute un intense bombardement de préparation dès jeudi soir, les rebelles, armés de fusils d'assaut Kalachnikov, de fusils mitrailleurs, de roquettes et de bombes artisanales lancent de petites offensives contre des postes de la police et des "moukhabarat", les services de renseignement.

Nombreux sont les rebelles qui confient au photographe la certitude de leur mort prochaine. Mais pour eux, il s'agit d'une chose normale, dont il n'y a pas lieu de s'alarmer. En tout cas, aucun n'affiche sa peur.

L'espoir, estiment-ils, réside dans la solidarité des autres combattants du nord de la Syrie: peut-être pourront-ils venir à temps renforcer les défenses de Salaheddine. Ou bien ralentir l'arrivée des troupes de Damas et les affaiblir avec des sabotages et des escarmouches.

str-nc/tp

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