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Violences en Côte d'Ivoire: une association demande une enquête de la CPI

25/07/2012 10:12 EDT | Actualisé 24/09/2012 05:12 EDT

Une association d'Ivoiriens résidant en France a écrit au gouvernement français pour qu'il demande à la Cour pénale internationale (CPI) d'ouvrir une enquête sur les violences recensées depuis 2010 dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire.

Cette demande survient alors que le président Alassane Ouattara, en visite officielle en France, doit rencontrer jeudi le président François Hollande.

"Je sollicite que la France, en tant qu'Etat partie au statut de Rome de la Cour pénale internationale, demande au procureur de la CPI d'ouvrir une enquête portant sur les graves atteintes aux droits humains, crimes de guerre et probablement crimes contre l'humanité perpétrés dans la région de Duékoué depuis 2010 par les forces pro-Ouattara", a écrit Basile Besnard, avocat de l'Association des ressortissants de Duékoué vivant en France et en Europe.

Sa demande figure dans une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, dont l'AFP a obtenu une copie.

"C'est une prime à l'impunité de voir le président François Hollande recevoir Alassane Ouattara alors que les corps des victimes de Duékoué sont encore tout chauds", a dénoncé pour sa part Alain Toussaint, opposant au régime et ancien conseiller de Laurent Gbagbo.

Au moins 11 personnes ont été tuées et 40 blessés le 20 juillet, selon les Nations unies, dans des violences à Duékoué (ouest).

Après le meurtre de quatre personnes dans un quartier de Duékoué peuplé surtout de Malinké (ethnie réputée favorable au chef de l'Etat Alassane Ouattara), une foule a attaqué en représailles un camp de réfugiés (abritant surtout des autochtones guéré, vus comme partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo), y tuant au moins sept personnes.

Selon plusieurs sources, les jeunes qui ont attaqué le camp, gardé par des Casques bleus, étaient accompagnés de militaires ivoiriens des Forces républicaines (FRCI) et de "dozos", chasseurs traditionnels servant de supplétifs à ces forces de sécurité.

Duékoué a été une cité martyre de la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011. Sur les quelque 3.000 morts pendant cette crise, la ville et sa région en ont compté plusieurs centaines. Les forces pro-Ouattara y ont été gravement mises en cause.

L'Ouest de la Côte d'Ivoire est en proie depuis des années à de graves tensions ethniques sur fond de conflits fonciers.

thm/prh/jms

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