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Tunisie: Faute d'une réelle démocratie, une autre révolution est possible (président)

25/07/2012 08:55 EDT | Actualisé 24/09/2012 05:12 EDT
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Le président tunisien Moncef Marzouki a jugé mercredi, dans un discours devant l'Assemblée nationale constituante, qu'une démocratie véritable devait être mise en oeuvre, faute de quoi une nouvelle révolution interviendrait.

"Le peuple qui vous a élus n'acceptera pas une démocratie de façade, il pourrait alors être poussé à une nouvelle révolution", a-t-il déclaré, à l'occasion de la Fête de la République.

"Quelle valeur pour une démocratie qui ne nourrit pas les ventres affamés?", a-t-il lancé devant les députés.

"La révolution (de janvier 2011) nous a permis de parachever notre indépendance et nous a offert la démocratie et la République (...) mais ni l'indépendance ni la démocratie ni la république ne sont des acquis garantis à long terme", a encore relevé M. Marzouki.

Il a une nouvelle fois assuré que l'objectif était la tenue d'élections générales au printemps 2013, après l'adoption d'une nouvelle Constitution.

Le président de l'Assemblé nationale constituante, Mustapha Ben Jaafar a de son côté plaidé pour une "constitution qui préserve les valeurs de la République et qui protège les droits et les libertés", se disant pour "un régime équilibré sur la base d'une démocratie participative".

Des désaccords profonds opposent les membres de la coalition au pouvoir concernant la nature du régime qui découlera de la nouvelle loi fondamentale, et aucun compromis n'est en vue.

Les islamistes d'Ennahda, qui dominent le gouvernement, réclament un régime parlementaire pur. Ses partenaires de centre-gauche -- le Congrès pour la république de Moncef Marzouki et Ettakatol-- veulent eux que le chef de l'Etat conserve des prérogatives importantes.

Le Premier ministre Hamadi Jebali (Ennahda) s'est aussi exprimé devant l'assemblée, mais son discours comme celui de M. Ben Jaafar n'a pas laissé entendre qu'un compromis se dessinait.

M. Jebali a cependant assuré que les élections générales se tiendraient comme prévu le 20 mars 2013.

L'opposition parlementaire craint qu'Ennahda ait des tentations hégémoniques et une islamisation rampante de la société tunisienne.

Quelques dizaines de manifestants ont exprimé leur opposition à la politique du gouvernement, notamment la nomination controversée d'un nouveau gouverneur de la Banque centrale.

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