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Rien ni personne n'intimide la cycliste québécoise Joëlle Numainville

25/07/2012 05:54 EDT | Actualisé 24/09/2012 05:12 EDT

HORSLEY, Royaume-Uni - La cycliste Joëlle Numainville n'a pas froid aux yeux et la jeune Lavalloise pourrait en faire baver à ses adversaires au cours de l'épreuve sur route olympique de dimanche, peu importe leur statut sur la ligne de départ.

Ce style frondeur est le principal atout de l'athlète âgée de 24 ans, qui a connu une fulgurante progression ces dernières années.

«On ne l'intimide pas celle-là», concède Jacques Landry, entraîneur-chef et directeur de la haute performance de l'équipe canadienne de cyclisme.

«Depuis que je la connais, rien ni personne ne l'a intimidée, pas même les meilleures au monde, les grandes championnes, continue-t-il. Elle se fout de tout, elle se présente au départ pour faire sa course. Elle est prête à tout pour écarter les filles qui la devancent. Elle est très concentrée sur la tâche à accomplir. En anglais, on dit 'task oriented'».

Sprinteuse émérite, parmi les meilleures au monde, Numainville a fait écarquiller les yeux cette année en terminant troisième du Tour de Flandres, en Belgique. Elle a aussi pris le 12e rang des Championnats du monde.

«Elle a le potentiel pour créer une surprise», résume Landry.

Numainville n'admet pas ouvertement que c'est ce qu'elle a en tête. C'est de bonne guerre.

«Je veux acquérir de l'expérience, donner le meilleur de moi-même, savourer pleinement mes premiers Jeux, affirme-t-elle. Je suis vraiment contente et emballée d'être ici. C'est un rêve d'enfance que je réalise.»

Disant avoir complété une de ses meilleures préparations avant une compétition, elle insiste pour dire qu'elle veut aider l'équipe à gagner une médaille.

«Toutes trois pouvons monter sur le podium, tout dépendra du déroulement de la course. Mais nous travaillerons toutes ensemble.»

Oups!

Devant la presse mercredi, Numainville a souligné que ce serait très plaisant de procurer un podium au pays, glissant candidement: «je ne sais pas c'est quand la dernière fois que le Canada a gagné une médaille olympique à une épreuve sur route féminine».

La réponse à sa question quiz n'était pourtant pas loin, tout juste à sa gauche. Sa coéquipière Clara Hughes a glané la médaille de bronze aux JO d'Atlanta en 1996. On peut pardonner à Numainville son ignorance: elle n'était âgée que de huit ans à l'époque.

Quand on dit que rien ni personne ne l'intimide: pas même la grande Clara Hughes.

«Je ne lui ai pas encore demandé un autographe, a répondu Numainville à la blague, quand on lui a parlé de l'influence positive que pouvait avoir Hughes sur elle. On peut apprendre énormément d'une fille qui a gagné six médailles olympiques, mais de là à lui demander un autographe, ça me gênerait pas mal.»

Ce n'est donc pas la fameuse côte «Box Hill», que les hommes et les femmes s'échineront à gravir à répétition au cours de leur épreuve, qui va l'effrayer.

«Je viens juste d'aller rouler sur la 'Box Hill', a-t-elle dit. J'ai été surprise, je pensais que ce serait plus difficile. Je n'ai pas analysé le reste du parcours. On verra la journée de la course, mais la 'Box Hill' ne me fera pas peur du tout.»

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