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Mali: disparition d'au moins 20 soldats opposés au putsch depuis fin avril (HRW)

25/07/2012 05:48 EDT | Actualisé 24/09/2012 05:12 EDT

Au moins 20 soldats présumés liés au mouvement du 30 avril contre le coup d'Etat militaire du 22 mars à Bamako sont depuis portés disparus, affirme mercredi Human rights Watch (HRW) qui accuse "des soldats fidèles" au capitaine Amadou Haya Sanogo, auteur du putsch, d'en être "responsables".

"Des soldats fidèles au dirigeant du coup d'État au Mali sont responsables de la disparition forcée d'au moins 20 soldats présumés liés au contre-coup d'État du 30 avril 2012 et ils ont perpétré des actes de torture et autres exactions à l'encontre de dizaines d'autres soldats", affirme HRW dans un communiqué.

L'organisation de défense des droits de l'Homme note que les hommes du capitaine Sanogo "se sont également livrés à une campagne d'intimidation contre des journalistes, des proches de soldats détenus et d'autres personnes considérées comme une menace".

"Il est à craindre que les 20 soldats, dont la disparition forcée a été documentée par HRW, soient morts", ajoute le texte.

"Les autorités maliennes ont un devoir à l'égard des victimes de tortures et des familles des disparus, celui de faire en sorte que ces crimes fassent l'objet d'une enquête et que les responsables soient amenés à répondre de leurs actes", selon Daniel Bekele, directeur Afrique de l'organisation.

"Même en cette période chaotique et difficile que traverse le Mali, les autorités devraient veiller à s'attaquer sans délai aux traitements horribles et autres violations qui ont été perpétrés", ajoute HRW.

HRW dit avoir "interrogé une trentaine de personnes bien au fait des exactions commises, dont huit qui ont été témoins d'actes de torture et de disparitions forcées".

"Un témoin a confié qu'il avait vu Sanogo donner des coups de pied à un détenu, disparu depuis lors, et qu'il l'avait entendu menacer plusieurs autres détenus", selon HRW.

Après avoir renversé le président Amadou Toumani Touré le 22 mars, les putschistes ont rendu le pouvoir le 6 avril, mais sont restés très influents à Bamako où ils ont procédé à l'arrestation de nombreuses personnes considérées comme des proches de l'ex-président, dont des militaires.

Dans la nuit du 30 avril au 1er mai des fidèles d'ATT ont vainement tenté de reprendre le contrôle de Bamako et la répression s'est intensifiée depuis.

Le coup d'Etat du 22 mars a précipité la chute du Nord aux mains des islamistes.

stb/mrb/jms

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