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Le Ghana en deuil se prépare à une prochaine présidentielle disputée

25/07/2012 11:27 EDT | Actualisé 24/09/2012 05:12 EDT

Le Ghana a observé mercredi le deuil de son président, John Atta Mills, mort brusquement la veille, tout en anticipant une élection très disputée de son futur chef de l'Etat, prévue en décembre.

Conformément à la Constitution, le vice-président John Dramani Mahama, 53 ans, a succédé mardi soir au président Atta Mills, dans les heures qui ont suivi sa mort, pour un intérim de cinq mois.

Les raisons de la brusque disparition du président âgé de 68 ans n'ont pas été officiellement précisées mais la presse évoquait mercredi un cancer de la gorge, reprenant des informations qui circulaient déjà à Accra.

Un deuil d'une semaine a été décrété. La date des funérailles n'a pas encore été annoncée.

Si la transition s'est effectuée sans accroc dans ce pays d'Afrique de l'Ouest où la démocratie paraît bien ancrée, la mort inattendue du président Atta Mills pose la question de sa succession à terme.

L'ancien professeur de droit avait été désigné l'an dernier par le parti au pouvoir pour briguer un second mandat de quatre ans en décembre à la tête de cet Etat de 25 millions d'habitants devenu fin 2010 un important producteur de pétrole après la découverte d'un grand gisement offshore.

"L'enjeu de cette élection est énorme. Le pétrole a commencé à couler", a commenté Alex Vines du centre d'études londonien de Chatham House.

Avant même la mort d'Atta Mills, le Ghana s'acheminait "vers les élections les plus disputées de son histoire", ajoute-t-il.

Les spéculations vont bon train sur une candidature du nouveau président Mahama. Mais le parti au pouvoir, le Congrès national démocratique, a montré des divisions au cours des derniers mois et on ignorait si un rival pourrait se présenter en son sein.

Atta Mills avait lui-même été désigné candidat au scrutin présidentiel de décembre lors de primaires. Cet ancien juriste formé en Grande-Bretagne, l'ex-puissance coloniale, avait remporté la présidentielle de justesse en 2008 avant de prendre ses fonctions en janvier 2009.

"Il serait curieux que le parti écarte Mahama à cinq mois de l'élection", a estimé un analyste, Emmanuel Akwetey, à propos du nouveau dirigeant, qui avait été haut fonctionnaire, député et ministre avant d'accéder à la vice-présidence.

"Il jouit d'une certaine popularité mais je ne suis pas sûr qu'il soit prêt", nuance toutefois un autre politologue, Thomas Tieku.

Il souligne que M. Mahama bénéficie de l'estime des élites et des classes urbaines éduquées mais qu'il lui manque une base politique rurale nécessaire pour battre le principal candidat de l'opposition, Nana Akufo-Addo.

Mercredi, l'heure était au recueillement, l'opposition avait suspendu sa propre campagne électorale et les drapeaux étaient en berne.

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