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L'économie palestinienne pas prête à porter un Etat indépendant (Banque mondiale)

25/07/2012 01:15 EDT | Actualisé 24/09/2012 05:12 EDT

L'économie palestinienne n'est pas assez solide pour porter un Etat palestinien indépendant a estimé dans un rapport mercredi la Banque mondiale, appelant les autorités à diminuer les coûts et améliorer l'efficacité.

"L'Autorité palestinienne (PA) a fait des progrès réguliers durant toutes ces années en vue de la mise en place des institutions nécessaires pour un futur Etat, mais l'économie n'est pas assez solide à l'heure actuelle pour porter un tel Etat" a écrit l'économiste John Nasir dans un communiqué accompagnant le rapport.

"Une économie durable ne peut dépendre de l'aide étrangère et il est donc essentiel que l'Autorité palestinienne intensifie le commerce et encourage la croissance dans le secteur privé" a-t-il ajouté.

L'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas, qui contrôle la Cisjordanie, affirme faire face à la pire crise financière depuis sa création en 1994, avec des dettes atteignant 1,2 milliard d'euros et un manque de trésorerie de 411 millions d'euros.

L'Arabie saoudite s'est engagée la semaine passée à effectuer une donation d'urgence de 100 millions de dollars (82 millions d'euros), après une visite de M. Abbas qui a réclamé une aide urgente au royaume.

"Si l'Autorité palestinienne a construit avec un succès considérable les institutions d'un futur d'Etat, elle a fait nettement moins de progrès en ce qui concerne la mise en place de bases économiques viables", est-il écrit dans le rapport de 181 pages.

"Les restrictions sécuritaires imposées par Israël continuent à étouffer l'investissement et la croissance récente est largement attribuable à l'aide étrangère. Cette situation n'est pas viable à long-terme et le niveau de l'aide a déjà commencé à décroître", souligne la Banque mondiale.

Les négociations pour mettre fin à 45 ans d'occupation israélienne et établir un Etat palestinien indépendant composé de la Cisjordanie et de la bande de Gaza ayant Jérusalem-Est comme capitale sont suspendues depuis septembre 2010, après l'expiration d'un moratoire partiel sur la colonisation.

Des réunions exploratoires entre les deux parties en Jordanie en janvier 2012 n'ont pas permis de dégager un accord sur la reprise de pourparlers directs.

"A moins d'une solution politique au conflit, il n'y a pas grand chose qu'on puisse faire concernant ces restrictions", se résigne l'institution financière. "Cependant, dans un certain nombre de secteurs, l'Autorité palestinienne peut faire en sorte non seulement d'améliorer l'activité actuelle, mais aussi de lancer les fondations d'un futur Etat".

"Un futur Etat palestinien devrait prendre pour modèle les pays asiatiques qui sont parvenus à d'importants niveaux de croissance économique en se tournant vers les marchés extérieurs et s'intégrant dans les chaînes mondiales d'approvisionnement", estime la Banque mondiale.

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