NOUVELLES

JO-2012 - Paris illégaux et médias sociaux ne changeront pas la vie du TAS

25/07/2012 08:26 EDT | Actualisé 24/09/2012 05:12 EDT

Le Tribunal arbitral du sport (TAS), délocalisé à Londres durant les JO, ne devrait pas voir son rôle modifié par les infractions liées aux mauvais usages des réseaux sociaux ou aux paris illégaux et s'attend à être saisi, comme de coutume, d'affaires d'éligibilité et parfois de dopage.

Il y a quatre ans à Pékin, Facebook et Twitter étaient balbutiants; et les paris en ligne et leur corollaire, le risque de corruption, ne constituaient pas, aux yeux du CIO, la menace qu'ils sont depuis devenus pour l'intégrité du sport. L'institution olympique avait donc abordé les JO de 2008 sans règles bien établies à leur sujet.

Il en est autrement à Londres. Le CIO a édicté un guide très clair, voire coercitif, en matière d'usage des médias sociaux, notamment dans le but de protéger ses partenaires, sponsors et diffuseurs, et l'interdiction de parier sur les épreuves olympiques frappe désormais tous les accrédités.

Toute infraction aux nouvelles règles, un tweet malheureux, une mise sur une épreuve olympique, est susceptible d'entraîner l'exclusion d'un athlète et donc un probable recours au TAS, représenté à Londres par un président et douze arbitres. Mais Matthieu Reeb, son secrétaire général, ne s'attend pas à voir ces affaires d'un nouveau genre arriver sur son bureau londonien.

"Dans le cas des réseaux sociaux, il faudrait assister à un cas extrême pour provoquer une exclusion, juge-t-il. Ces règles sont une nouveauté et le CIO ne va peut-être pas taper très fort la première fois".

La probabilité d'avoir, durant les Jeux, à se colleter à une première affaire de pari illicite paraît "plus réaliste" à Me Reeb, habitué à gérer ce genre de cas en période +normale+.

"Mais il faudrait des circonstances très particulières, estime-il. Car en général, les affaires sont avérées après des enquêtes longues."

A Londres, comme lors des précédentes éditions des Jeux où le TAS se délocalise depuis Atlanta-1996, Matthieu Reeb attend principalement des dossiers concernant l'égilibilité, qu'elle soit liée à un problème de nationalité, ou de sélection.

Les deux premiers cas enregistrés concernent ainsi la qualification de deux athlètes, un cavalier sud-africain (finalement qualifié) et un boxeur irlandais (dont le dossier reste à juger).

Une fois que les Jeux auront débuté, arriveront les cas de dopage ou de disqualification sportive. "Un Usain Bolt qui mord sur le couloir voisin", craint Me Reeb, ou un athlète déçu qui piétine sa médaille et s'en voit privé, comme un lutteur suédois à Pékin.

En Chine, le TAS avait enregistré neuf recours. Leur nombre devrait rester stable. "D'un côté, les athlètes connaissent mieux le TAS et les recours sont plus automatiques. De l'autre, les Fédérations et le CIO font peut-être plus attention aux aspects juridiques de leurs décisions", estime Matthieu Reeb.

Car le TAS, depuis quatre ans, a fortiori depuis sa création en 1984, a gagné en crédit. Longtemps considéré comme un outil du CIO et des Fédérations, il a pris des décisions marquantes, contraires à leurs intérêts, notamment en mettant hors jeu la règle Osaka, interdisant la participation aux JO de tout athlète sanctionné pour dopage pour plus de 6 mois dans l'olympiade précédente.

"Nous avons prouvé notre indépendance", se réjouit Matthieu Reeb à l'aube des cinquièmes Jeux d'été du TAS.

cha/ol/jmt

PLUS:afp