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Iran: des ministres au Parlement pour examiner l'effet des sanctions

25/07/2012 05:29 EDT | Actualisé 24/09/2012 05:12 EDT

Plusieurs ministres du gouvernement iranien ont discuté mercredi à huis clos au Parlement des problèmes économiques du pays et des effet des sanctions occidentales mais le guide suprême l'ayatollah Ali Khamenei a répété que l'Iran ne cédera pas aux pressions.

Les ministres de l'Economie, du Pétrole, du Commerce et de l'Agriculture ainsi que le président de la Banque centrale ont participé à la réunion.

Les problèmes économiques, notamment une très forte inflation, officiellement à 21% mais bien supérieure selon les experts, dominent depuis plusieurs semaines les débats politiques et les informations dans les médias.

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei ainsi que d'autres responsables ont minimisé l'effet des sanctions occidentales adoptées contre l'Iran pour l'obliger à renoncer à son programme nucléaire controversé.

"La réalité est que les problèmes existent mais (...) il faut les régler dans l'unité (et les responsables) doivent éviter les divisions inutiles", a déclaré le numéro un iranien lors d'une réunion mardi soir avec tous les hauts responsables du pays.

Les Etats-Unis et les pays de l'Union européenne ont durci leurs sanctions économiques contre l'Iran depuis début juillet avec l'entrée en vigueur de nouvelles sanctions pétrolières et financières.

Selon l'Agence internationale de l'énergie, ces sanctions devraient faire baisser de 40% les exportations pétrolières iraniennes. Elles ont également fait monter l'inflation avec la perte de la moitié de la valeur de la monnaie nationale face aux devises étrangères.

Les responsables des pays occidentaux "disent ouvertement qu'en accentuant les pressions et les sanctions, les dirigeants iraniens devront réviser leurs calculs", a indiqué le guide suprême.

"Mais en réalité nous arrivons à la conclusion que non seulement il ne faut pas revoir nos calculs mais il faut poursuivre notre chemin avec encore plus de confiance", a-t-il ajouté.

"Les problèmes économiques de l'Iran sont très différents de ceux des pays occidentaux. Les nôtres ressemblent aux difficultés qu'aurait un groupe de montagnards pour atteindre un sommet alors que ceux des pays occidentaux s'apparentent à un autobus pris sous une avalanche", a-t-il ajouté.

Mercredi, après la réunion à huis clos, le président du parlement Ali Larijani a affirmé qu'il fallait désormais mettre de côté les différents.

"Il ne faut pas s'accuser les uns les autres. L'important c'est d'éviter les pressions (économiques, ndlr) sur les gens, a-t-il estimé.

Le ministre de l'Economie, Shamseddine Hosseini, a ajouté que les autorités allaient prendre des mesures "pour réduire l'impact des sanctions" occidentales en se mettant dans "une économie de résistance".

difficultés économiques et inflation galopante

Ces derniers jours, les médias ont publié les photos de files d'attentes devant les centres gouvernementaux de distribution de poulets, dont le prix a plus que doublé depuis un an. Le gouvernement a promis de le faire baisser en en distribuant massivement à un prix subventionné.

M. Larijani avait affirmé il y a quelques jours que "les problèmes économiques du pays sont dus seulement à 20% aux sanctions internationales".

"La principale source de l'inflation est une mauvaise application du plan de suppression des subventions" lancé par le gouvernement en 2010 et qui vise à supprimer les subventions aux produits énergétiques (essence, pétrole, gasoil, électricité) et le pain et à distribuer une aide directe aux Iraniens pour faire baisser la consommation.

Mais avec les difficultés économiques survenues, le pouvoir a décidé de ne pas appliquer la seconde phase du plan, qui prévoyait une nouvelle hausse de l'essence et des autres produits encore subventionnés.

Plusieurs responsables ont affirmé que désormais le pays faisait face "à une guerre totale" à cause des sanctions occidentales.

Pour faire face à cette situation, le gouvernement a décidé d'attribuer 30 milliards de dollars au taux officiel de 12.260 rial (contre 19.200 sur le marché parallèle) pour l'importation de produits prioritaires, notamment la viande, les aliments pour animaux, les médicaments, etc.

L'Iran avait importé pour 65 milliards de dollars de produits étrangers l'année dernière et avec cette mesure, pour les autres produits il faudra utiliser des devises au taux du marché parallèle.

sgh/sw

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