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France: un plan d'aide axé sur les voitures électriques ou hybrides

25/07/2012 03:04 EDT | Actualisé 24/09/2012 05:12 EDT

PARIS - Le plan de soutien à la filière automobile en France présenté mercredi en conseil des ministres est marqué par un coup de pouce sur l'achat de voitures électriques et hybrides.

Ainsi, le boni maximal accordé aux véhicules électriques passera de 5000 euros à 7000 euros, et de 2000 euros à 4000 euros pour les véhicules hybrides, a précisé le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Les véhicules thermiques «faiblement polluants» verront leurs bonis augmenter de 100 ou 150 euros «selon les cas».

Ainsi, la voiture 100 pour cent électrique fabriquée par Renault dans son usine de Flins sera «accessible au prix de 13 500 euros», a donné comme exemple M. Montebourg, lors d'une conférence de presse.

La hausse de ces primes est valable immédiatement et jusqu'à fin 2012, tandis que les malus — qui porteront sur les voitures rejetant le plus de CO2 — prendront effet dans quelques mois, a précisé M. Montebourg. L'ensemble du dispositif bonus-malus sera précisé en loi de finances pour 2013, a indiqué le ministre.

Sans tenir compte du malus, son coût total est évalué à «490 millions d'euros» en 2013, a-t-il précisé, mais il sera financé «en grande partie» par le malus.

L'État se veut «exemplaire», avec le choix de véhicules hybrides ou électriques pour 25 pour cent des nouvelles acquisitions. «Tout nouveau véhicule à usage urbain sera électrique», précise Arnaud Montebourg. Cela représente un objectif de «11 000 véhicules hybrides ou électriques» par an, soit, au bout de quatre ans «entre 40 000 et 50 000 véhicules acquis», a-t-il indiqué.

Une expérimentation d'installation de bornes électriques sera lancée dans douze villes de France, avec un soutien financier de l'État à hauteur de 50 millions d'euros, a aussi détaillé le ministre.

Les aides gouvernementales aux véhicules hybrides et électriques «sont conditionnées au maintien de leurs prix par les constructeurs automobiles», précise le plan. La production des véhicules et de leurs composants devra également être localisée en France.

L'innovation est également encouragée par ce plan, avec la réorientation de 350 millions d'euros du programme d'investissements d'avenir vers l'innovation. «Le crédit d'impôt recherche sera pérennisé et rendu plus accessible aux PME», indique le ministre, ajoutant qu'un «institut de recherche technologique dédié à l'automobile sera lancé avant fin 2012».

Le président François Hollande a qualifié ce plan de «cohérent, global» et a salué son «inscription dans la durée» lors du conseil des ministres, selon Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement.

«La voiture verte et populaire que nous souhaitons, elle ne se fabrique pas de la même manière que la voiture d'aujourd'hui», a souligné de son côté le ministre du Travail, Michel Sapin, prônant «l'anticipation par le dialogue social». «Si on anticipe, on évite les catastrophes comme celles que l'on peut connaître aujourd'hui», a-t-il expliqué, faisant référence au plan de compressions annoncé par le groupe PSA Peugeot Citroën.

Les associations Greenpeace, le Réseau Action Climat France et Agir pour l'environnement ont quant à elles dit être «déçues» par le contenu de ce plan qu'elles jugent «insuffisant» en qui concerne l'efficacité énergétique des véhicules et estiment que l'appui aux véhicules électriques ou hybrides est «disproportionné».

Ce n'est «qu'une goutte d'eau face aux réels enjeux de la transition énergétique dans les transports», jugent-elles, ajoutant: «On ne peut pas prétendre relancer une filière en misant sur le tout électrique.»

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