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Ford miné par des pertes en Europe, qui augurent d'une restructuration

25/07/2012 12:46 EDT | Actualisé 24/09/2012 05:12 EDT

Le constructeur automobile américain Ford a annoncé mercredi des résultats en forte baisse au deuxième trimestre et prévoit plus d'un milliard de dollars de pertes en Europe cette année, ce qui fait craindre une restructuration majeure de ses activités européennes.

"Nous évaluons la situation en Europe avec un sentiment d'urgence", a déclaré le directeur financier Bob Shanks lors d'une conférence téléphonique.

"Il s'agit vraiment d'un problème structurel et non cyclique", a renchéri le directeur général Alan Mulally.

"Nous n'allons pas être sauvés par une remontée des volumes" de ventes, qui vont rester durablement plus bas que par le passé, a souligné le patron de Ford, faisant état, comme les autres dirigeants du secteur, d'une "surcapacité" de production sur le Vieux Continent.

M. Mulally a éludé toutes les questions directes sur d'éventuelles fermetures d'usines ou licenciements, mais il a insisté sur le fait que le succès du redressement aux Etats-Unis était dû à "l'implication de toutes les parties prenantes, y compris les syndicats", et qu'il comptait faire de même en Europe.

"Le pire serait de continuer à perdre de l'argent et de faire faillite", a averti le patron de Ford.

Le secteur automobile européen fait face à une crise grave, qui s'assimile à celle traversée par le secteur aux Etats-Unis en 2008-2009.

Les constructeurs y avaient alors licencié des dizaines de milliers de personnes et fermé environ une dizaine d'usines, Ford ayant pour sa part divisé ses effectifs par deux.

Le numéro deux américain de l'automobile avait indiqué à la mi-juillet que ses ventes avaient chuté de 19% au premier semestre en Europe, où il emploie 66.000 personnes, principalement en Allemagne.

Le numéro un General Motors vient, lui, de remplacer à la hâte son directeur pour l'Europe dans un contexte de pertes persistantes. Il devrait lui aussi être largement dans le rouge cette année dans la région.

Alors que PSA vient d'annoncer la fermeture de l'usine d'Aulnay et 8.000 suppressions d'emplois, les résultats de Ford renforcent les craintes de licenciements massifs et de fermetures de sites.

Au deuxième trimestre, Ford a généré un bénéfice de 1,0 milliard de dollars, divisé par plus de deux sur un an et plombé par une perte de 404 millions de dollars en Europe.

Le chiffre d'affaires a reculé de 2,1% à 31,4 milliards de dollars, un chiffre inférieur aux attentes.

Le groupe a engrangé la totalité de ses bénéfices en Amérique du Nord (2,0 milliards de dollars dans la région, en hausse de 5%). En Asie il a enregistré une perte de 67 millions de dollars contre un bénéfice de 1 million un an plus tôt, un résultat dû à des investissements du groupe dans de nouvelles usines, notamment en Chine.

En Amérique du Sud, les bénéfices ont été réduits à la portion congrue (5 millions de dollars) contre 267 millions l'an dernier à la même époque et le groupe a réduit ses prévisions de bénéfice.

Mais c'est surtout en Europe que le bât blesse.

"Vu l'environnement (économique) qui se détériore, Ford s'attend maintenant à une perte excédant 1 milliard de dollars sur l'année entière en Europe", a prévenu le constructeur.

Il a abaissé également ses prévisions de bénéfice opérationnel avant impôt pour l'année pour tout le groupe et s'attend maintenant à ce qu'il soit "inférieur" à celui de 2011, alors qu'il le prévoyait jusqu'ici stable à 8,8 milliards de dollars.

Se refusant à donner des détails sur les mesures à prendre, M. Mulally a évoqué la nécessité de "diminuer la production" pour la ramener "au niveau de la demande réelle".

"Nous allons devoir abaisser le seuil de rentabilité du côté des coûts", mais aussi doper les recettes avec "de superbes produits", a-t-il poursuivi.

L'action reculait de 0,77% à 8,99 dollars à la mi-séance.

ved/bdx

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