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En Europe, Ford va devoir réduire ses coûts

25/07/2012 05:50 EDT | Actualisé 24/09/2012 05:12 EDT

Le directeur financier de Ford, Bob Shanks, a expliqué mercredi à l'AFP les mesures qui pourraient être prises en dehors de licenciements ou fermetures d'usines en Europe, où le constructeur prévoit de perdre plus d'un milliard de dollars cette année.

Q: Est-il possible d'éviter des licenciements importants en Europe et quelles autres mesures pouvez-vous prendre pour redresser les comptes?

R: "Nous faisons déjà des choses, comme les semaines de travail plus courtes et la réduction des recrutements de travailleurs intérimaires, mais en ce qui concerne les employés à temps plein, nous ne l'avons pas encore fait. Nous devrons clairement alléger notre structure de coûts, tout en travaillant à l'augmentation du chiffre d'affaires et à l'amélioration des produits. Nous n'avons pas encore finalisé notre plan et n'avons pas pu en discuter avec toutes les parties prenantes, mais si l'on regarde ce que nous avons fait en Amérique du Nord, nous avons travaillé sur tous les aspects de notre activité pour voir où l'on pouvait économiser des coûts, pour renforcer le revenu par unité, renforcer le portefeuille de produits et travailler sur (l'image de) la marque. Car si on ne travaille en Europe que du point de vue des coûts, on risque d'avoir des difficultés. En Amérique du Nord, on avait un déficit de prix vis-à-vis de nos principaux concurrents de 10% environ, en 2005, à produit équivalent. Nous avons largement comblé cette différence: cela représente des milliards de dollars. En Europe aussi, on peut rattraper certains de nos concurrents en termes de prix à produit équivalent".

Q: N'y a-t-il pas plutôt une guerre des prix en Europe, où certains constructeurs sont actuellement accusés de pratiquer un dumping?

R: "A court terme, vu la surcapacité de production qui existe chez beaucoup de constructeurs, certains acteurs du marché essaient de tirer avantage de la situation. D'autres augmentent leurs promotions pour accentuer les ventes à court terme et garder leurs usines aussi actives que possible. Donc c'est un environnement très difficile pour les prix. Nous devons traverser cette période mais nous ne comptons pas participer (à la surenchère de promotions) car ça n'a aucun sens financièrement".

Q: Quand attendez-vous un retour aux rendements en Asie, où vous avez perdu 67 millions de dollars sur le trimestre?

R: "Nous prévoyons une amélioration en Asie dans les mois qui viennent comparé au premier semestre. Nous avons fait des investissements massifs dans la région Asie-Pacifique, qui est maintenant le premier marché mondial. Les sommes investies ont dépassé les recettes, alors même que celles-ci sont en hausse, et encore davantage d'investissements sont à venir. Nous sommes sur une pente de croissance mais pour des bénéfices substantiels en provenance de là-bas, il faudra probablement attendre au moins 2014".

ved/sl/lor

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