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Deux inculpations au Soudan de militants anti-régime

25/07/2012 12:01 EDT | Actualisé 24/09/2012 05:12 EDT

Deux militants anti-régime ayant participé aux manifestations suscitées ces dernières semaines par la hausse des prix des produits alimentaires, ont été inculpés mercredi et encourent une peine de 10 ans de prison.

Plusieurs charges pèsent contre Radwane Daoud, un résident des Etats-Unis, et Ahmed Ali, notamment l'implication dans une organisation terroriste ou criminelle, a déclaré leur avocat Khaled Awad devant la Cour.

Les journalistes n'ont pas été autorisés à assister à l'audience, a indiqué un correspondant de l'AFP.

L'avocat a affirmé que MM. Daoud et Ali pourraient écoper d'une peine de 5 à 10 ans de prison s'ils sont condamnés pour participation à une organisation criminelle ou terroriste.

M. Daoud est militant de "Girifna", mouvement non-violent dirigé par les étudiants, qui utilise les réseaux sociaux pour propager son message anti-gouvernemental et soutenir les manifestations de rue.

Le Soudan connaît un mouvement de contestation depuis le 16 juin même si celui-ci n'est pas comparable à ceux ayant secoué d'autres pays arabes l'année dernière, comme l'Egypte voisine.

Selon le site de Girifna, M. Daoud a été arrêté chez lui le 3 juillet après avoir aidé à organiser une manifestation dans son quartier à Khartoum.

Selon le département d'Etat américain, Radwane Daoud est un résident des Etats-Unis mais n'a pas la citoyenneté américaine.

Un officier de police a accusé devant la Cour MM. Daoud et Ali de complot pour commettre des actes violents contre l'Etat, expliquant qu'ils étaient en possession de communiqués anti-régime, de vieux pneus et d'une bouteille d'essence.

Dix autres personnes dont le père et le frère de M. Daoud ont été libérés faute de preuves, a indiqué son avocat.

Lancé au départ par les étudiants de l'Université de Khartoum pour dénoncer la hausse des prix des produits alimentaires, le mouvement de contestation a pris de l'ampleur après l'annonce d'un plan d'austérité supprimant en particulier les subventions aux carburants.

Les manifestations sont souvent violemment dispersées par les forces de l'ordre et selon une ONG soudanaise, plus de 2.000 personnes ont été interpellées depuis mi-juin.

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