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Beyrouth et Damas s'accusent mutuellement de violations à la frontière

25/07/2012 11:37 EDT | Actualisé 24/09/2012 05:12 EDT

Beyrouth et Damas se sont accusés mutuellement mercredi de violations de leur frontière commune, un évènement inédit dans les relations entre deux pays puisque la Syrie avait occupé durant trente ans son petit voisin.

Le ministre libanais des Affaires étrangères Adnane Mansour a annoncé avoir remis à Damas "un mémorandum par la voie diplomatique portant sur des violations aux frontières et demandant qu'elles ne se répètent pas".

M. Mansour a reçu le jour même un mémorandum de la Syrie portant sur "les violations à la frontière libanaise contre la Syrie depuis cinq mois", a indiqué une source au ministère libanais des Affaires étrangères.

Le message de la Syrie demande à son voisin "de renforcer la surveillance à la frontière afin d'empêcher de telles violations, qui vont des coups de feu à la contrebande d'arme, en passant par les infiltrations vers le territoire syrien", a ajouté la même source.

Le président libanais Michel Sleimane avait protesté lundi, pour la première fois dans l'histoire récente entre les deux pays voisins, contre les violations syriennes de son territoire, notamment à la frontière nord.

Il avait demandé au ministre des Affaires étrangères de remettre à l'ambassadeur de Syrie au Liban une lettre de protestation à l'adresse des autorités syriennes à ce sujet.

Selon des sources diplomatiques, le ministre, proche du mouvement chiite pro-syrien Amal, allié du Hezbollah, s'est contenté de remettre la note par courrier diplomatique sans convoquer l'ambassadeur, Ali Abdel Karim Ali, comme le veut l'usage.

C'est la première fois que Beyrouth proteste officiellement auprès de Damas, ancienne puissance de tutelle pendant 30 ans au Liban, depuis le retrait des troupes syriennes du petit pays en 2005.

Dans une déclaration publiée mardi par le quotidien As-Safir, l'ambassadeur syrien a critiqué les déclarations du chef de l'Etat, estimant que c'était "plutôt à la Syrie de protester car elle est visée par des tirs depuis le côté libanais de la frontière, qui font des martyrs du côté syrien".

Il a estimé que "les violations depuis le côté libanais de la frontière portent atteinte aux relations fraternelles" entre les deux pays.

Les accrochages, parfois meurtriers, et les tirs d'obus quasi-quotidiens à partir de la Syrie sur le territoire libanais se sont multipliés au cours des dernières semaines à la frontière nord et est du Liban.

Le régime syrien accuse des "terroristes" de s'infiltrer sur son territoire à partir du Liban et accuse des parties libanaises d'introduire en contrebande des armes destinées aux rebelles.

jad/at/sk/hj

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