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Nigeria/pétrole: 12 individus et 7 entreprises seront poursuivies pour corruption

24/07/2012 01:05 EDT | Actualisé 23/09/2012 05:12 EDT

Douze personnes et sept entreprises vont être poursuivies par la justice du Nigeria, accusées d'avoir détourné 75 millions de dollars dans le cadre du programme de subvention des prix des carburants, ont annoncé mardi les autorités chargées de la lutte contre la corruption.

Elles doivent comparaître mercredi devant deux tribunaux de Lagos, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC), chargée des poursuites. La Commission nomme dans un communiqué les personnes et les entreprises qui doivent être mises en accusation jeudi, ainsi que les sommes qu'elles sont accusées d'avoir détournées.

L'annonce de ces poursuites intervient après la publication d'un rapport parlementaire selon lequel 6,8 milliards de dollars (5,2 milliards d'euros) auraient été détournés de 2009 à 2011 dans le cadre du programme de subvention des prix des carburants.

Les personnes poursuivies après une enquête "approfondie" figurent "parmi plus de 140 particuliers et organisations impliqués", a indiqué le porte-parole de l'EFCC Wilson Uwujaren dans un communiqué.

Le Nigeria, premier producteur de brut d'Afrique, importe paradoxalement la majorité de son pétrole car il ne dispose pas de la capacité de raffiner le brut extrait de son sous-sol.

Pour maintenir les prix de l'essence à un niveau bas, le gouvernement verse des subventions aux importateurs de carburant.

Un rapport parlementaire avait dénoncé en avril une corruption massive et une mauvaise gestion de ce programme.

La Commission assure que "tous les efforts seront menés" pour traduire en justice tous ceux qui ont participé à la fraude.

Des militants anti-corruption ont jugé insuffisantes les poursuites annoncées qui ne concernent qu'une partie des personnes soupçonnées d'être impliquées dans le scandale.

"Nous avons besoin de plus d'action et moins de discours de la part de l'EFCC", a déclaré Jo Okei-Odumakin, de l'ONG Save Nigeria Group. "Nous espérons sincèrement que la mise en accusation des suspects ne sera pas seulement une mesure cosmétique et un show médiatique", a-t-elle ajouté.

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