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New York s'attaque aux boissons sucrées

24/07/2012 12:20 EDT | Actualisé 23/09/2012 05:12 EDT

NEW YORK, États-Unis - La Grosse Pomme s'attaque aux boissons sucrées. Les New-Yorkais étaient consultés à partir de ce mardi sur le projet du maire Michael Bloomberg d'interdire la vente de boissons sucrées et sodas de plus de 500 ml dans les restaurants, les cinémas et les lieux de restauration rapide de la ville.

Les habitants devaient donner leur avis lors d'auditions publiques. La décision définitive appartient à la Commission de la Santé de la ville, qui se prononcera le 13 septembre prochain. Mais les opposants à ce projet d'interdiction ne comptent pas baisser les bras.

«La consommation de boissons sucrées est le facteur-clé de l'épidémie d'obésité», a souligné Michael Bloomberg lundi soir lors d'une réunion de personnalités soutenant sa proposition. «Cette année, environ 5800 New-Yorkais vont mourir à cause de leur surpoids ou de leur obésité», a-t-il dit.

Devant la mairie de la ville, une centaine de personnes ont manifesté contre cette interdiction, arborant des T-shirts proclamant «Je peux choisir ma boisson tout seul».

Depuis que Michael Bloomberg a émis cette idée en mai, un front d'opposants, allant des industriels aux restaurateurs et aux défenseurs des libertés, l'accusent de vouloir instaurer un «État nounou», où le gouvernement exercerait un contrôle empiétant sur les libertés individuelles. Les responsables de la ville font eux valoir que lutter contre l'obésité sauve des vies et permettrait d'économiser quatre milliards de dollars par an.

Les opposants au projet, lors de leur manifestation de lundi, ont estimé qu'il fallait plutôt s'attaquer à l'obésité en améliorant l'accès à l'éducation physique des jeunes et par des campagnes d'information. Interdire les boissons sucrées, estiment-ils, n'empêchera pas les gens de grossir, et causera du tort aux petits commerces.

La proposition, si elle était retenue, ne s'appliquerait qu'aux vendeurs ambulants et établissements sous la supervision du Département municipal de la Santé, c'est à dire les restaurants, enceintes sportives, et cinémas. Les épiceries, certains commerces d'alimentation et supérettes relevant de l'État et non de la municipalité ne seraient eux pas concernés.

La mesure viserait les boissons sucrées de plus de 500 ml, mais pas les boissons comportant plus de 50 pour cent de lait, de jus de fruit ni les boissons gazeuses allégées.

D'après des chercheurs de l'Université de New York, qui ont étudié plus de 1600 tickets de caisse, la mesure d'interdiction toucherait près de deux-tiers des boissons sucrées achetées dans les fast-foods de la ville. Elle permettrait aux consommateurs de réduire de 74 calories en moyenne leur apport nutritif par achat, selon leur publication lundi dans «The New England Journal of Medicine».

Les boissons sucrées ne sont pas les seules à entraîner un gain de poids, convient Michael Bloomberg. Mais, note-t-il, elles apportent des «calories inutiles qui inondent notre corps de sucre sans procurer un sentiment de satiété».

Danny Panzella, un agent immobilier présent à la manifestation de lundi, explique ne pas consommer de soda, pour des raisons de santé. Mais, souligne-t-il, «je veux avoir la liberté de choix dans un pays libre». «Ce n'est certainement pas le rôle du gouvernement de surveiller ce que les gens mettent dans leur corps», a-t-il argué. M. Panzella a assuré ne représenter que lui-même, contrairement à d'autres manifestants, qui travaillent pour des marques de boissons sucrées ou dans la restauration.

Pour Thomas Farley, membre de la Commission municipale de la Santé, ce type d'arguments s'efface devant la mortalité due à l'obésité. «Si un virus tuait 5800 personnes chaque année, les gens exigeraient que le gouvernement agisse.»

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