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L'ex-président Ravalomanana rejoint Rajoelina aux Seychelles

24/07/2012 12:27 EDT | Actualisé 23/09/2012 05:12 EDT

Le président malgache déchu Marc Ravalomanana a rejoint mardi aux Seychelles son rival Andry Rajoelina, président de la Transition malgache, pour un face-à-face mercredi destiné à dénouer la crise dans laquelle leur pays est plongé depuis 2009, a indiqué une source gouvernementale seychelloise.

"Cette rencontre est décisive pour Madagascar et son avenir," a déclaré le président des Seychelles, James Michel, selon le texte de son discours, dont l'AFP a obtenu copie, prononcé devant les deux hommes et leurs délégations mardi matin sur une île isolée de l'archipel seychellois, Desroches.

"Nous souhaitons que cette rencontre historique (...) (ouvre) de nouvelles perspectives à Madagascar et à la région toute entière," a-t-il dit, appelant les responsables malgaches à "éviter de nouvelles sources de tension et d'affrontements personnels" et "laisser le temps panser les blessures de ces trois années de crise."

Selon une source gouvernementale seychelloise présente sur place, MM. Ravalomanana et Rajoelina se sont serré la main et ont échangé quelques mots à la fin du discours.

Leurs délégations se sont ensuite réunies, sans eux, en compagnie des médiateurs de l'Afrique australe (SADC) et de membres de la Commission de l'Océan indien (COI), présidée par M. Michel.

La rencontre décisive entre les deux responsables malgaches doit avoir lieu mercredi à huis-clos.

Madagascar est plongée dans une grave crise depuis le renversement début 2009 de M. Ravalomanana, 62 ans, par M. Rajoelina, 38 ans. M. Ravalomanana vit en exil en Afrique du Sud depuis.

Leurs lieutenants ont déjà signé des armistices à plusieurs reprises, sans réussir toutefois à trouver une solution qui permettrait à la Grande Ile de sortir de la crise --politique, mais aussi économique et sociale-- dans laquelle elle est engluée depuis plus de trois ans.

Parmi les principales pierres d'achoppement: le retour au pays de l'ancien président, ses démêlés avec la justice et la question des candidatures à la future présidentielle, qui pourrait avoir lieu en mai ou juin 2013.

Une "feuille de route" de sortie de crise signée en septembre par tous les partis malgaches prévoit bien le retour sans condition de M. Ravalomanana, mais l'ancien homme fort du pays a été condamné aux travaux forcés à perpétuité par contumace après la mort de plusieurs dizaines de manifestants, tués par sa garde présidentielle en 2009.

Les crimes dont il est accusé sont exclus d'une récente loi d'amnistie et les autorités malgaches ont averti qu'il serait arrêté à son arrivée s'il rentrait au pays. M. Ravalomanana conteste sa condamnation, prononcée par une cour ordinaire qu'il estime incompétente pour juger un président.

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