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Les rebelles ont abattu un hélicoptère de l'armée au Darfour (ONU)

24/07/2012 09:26 EDT | Actualisé 23/09/2012 05:12 EDT

Un émissaire de l'ONU a affirmé mardi que les rebelles du Darfour avaient abattu un hélicoptère militaire lors d'un affrontement avec l'armée gouvernementale, soulignant une hausse brutale des violences dans cette région du Soudan.

Ibrahim Gambari, chef de la mission de l'ONU au Darfour, a déclaré que l'hélicoptère des Forces armées du Soudan (FAS) avait été abattu par les rebelles suite à un raid aérien ayant eu lieu une semaine auparavant dans le même district de Tawila, dans le nord du Darfour.

"Des sources locales ont corroboré le fait qu'un hélicoptère des FAS a été abattu par des forces terrestres pendant l'affrontement", a dit M. Gambari au Conseil de sécurité de l'ONU, précisant que le gouvernement avait lancé un raid aérien deux jours après.

Le gouvernement soudanais réfute cette version, soutenant que l'hélicoptère s'est écrasé à cause d'un dysfonctionnement, tuant sept membres de l'armée.

Par ailleurs, M. Gambari a témoigné de violents heurts entre tribus rivales. Près de 60 personnes ont été tuées en trois jours d'affrontement entre deux tribus se disputant des terres de pâturage à Abu Jabra, dans l'est du Darfour, la semaine dernière. L'émissaire a précisé que des forces de maintien de la paix ont été envoyées pour apaiser les tensions.

Des renforts de l'ONU ont aussi été envoyés au camp de réfugiés de Hamadiya dans le centre du Darfour où les partisans de l'Armée de libération du Soudan menée par Abdul Wahid empêchent les forces gouvernementales de pénétrer, a expliqué M. Gambari.

Les tribus non-arabes de l'ouest du Darfour se sont soulevées contre Karthoum en 2003. Même si le conflit s'est apaisé, l'ONU, avec l'aide du Qatar, peine à conclure un accord de paix entre les parties.

Le gouvernement a signé un accord de paix avec le Mouvement de la libération pour la justice, mais de nombreuses dispositions n'ont pas encore été mises en place, selon M. Gambari. Par ailleurs, le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE) et des branches de l'Armée de libération du Soudan ont intensifié leur lutte contre le gouvernement soudanais, qui combat aussi des rebelles dans le Kordofan du Sud et l'Etat du Nil Bleu.

M. Gambari, qui quittera ses fonctions à la fin du mois, considère que les progrès menés pour mettre fin au conflit restent "fragiles et facilement réversibles si l'ONU ne reste pas impliquée".

L'ONU estime que plus de 300.000 personnes ont été tuées au Darfour lors des dix dernières années.

Le président soudanais Omar el-Bechir est poursuivi par la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et génocide.

tw/sat

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