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Le président du Ghana, John Atta Mills, est mort dans un hôpital militaire

24/07/2012 01:05 EDT | Actualisé 23/09/2012 05:12 EDT

ACCRA, Ghana - Le président du Ghana, John Atta Mills, est mort mardi, quelques mois avant la fin de son premier mandat, a annoncé la télévision publique ghanéenne. Il était âgé de 68 ans.

Les chaînes GTV et TV3 ont interrompu leur programmation régulière mardi pour annoncer la mort du président. Le chef de cabinet John Henry Martey Newman a annoncé que John Atta Mills avait rendu l'âme mardi après-midi dans un hôpital militaire de la capitale, Accra. Il n'a pas donné de détails sur la cause du décès.

Le ministre ghanéen de l'Information, Fritz Baffour, a confirmé la mort du président par la suite, mais n'a pas voulu en dire plus.

Le vice-président ghanéen, John Mahama, a prêté serment pour remplacer M. Atta Mills quelques heures après l'annonce de son décès. La cérémonie d'investiture a été diffusée en direct à la télévision mardi soir.

John Atta Mills est mort trois jours après avoir célébré son 68e anniversaire de naissance.

Un responsable gouvernemental en Côte d'Ivoire a indiqué qu'il avait vu M. Atta Mills il y a environ six mois en Éthiopie lors d'une réunion de l'Union africaine.

«Nous avons entendu dire qu'il est mort d'un cancer de la gorge. Je l'ai vu à Addis Abeba il y a six mois», a déclaré ce responsable, qui a réclamé l'anonymat parce qu'il n'était pas autorisé à discuter de ce dossier avec la presse.

«Il marchait lentement. Je suis surpris d'apprendre qu'il avait seulement 68 ans. Il avait l'air beaucoup plus vieux.»

Selon ce responsable ivoirien, personne ne savait que le président ghanéen était gravement malade. «Oui, sa mort est une surprise. Elle survient six mois avant la présidentielle dans laquelle il devait être candidat.»

Un étudiant universitaire à Accra, Louis Agbo, s'est dit choqué par la nouvelle. «Je n'ai pas pu crier ou pleurer», a-t-il raconté. «J'ai couru dehors et j'ai vu des gens pleurer et se lamenter.»

John Atta Mills a été élu en 2008 au second tour de la présidentielle, et il devait briguer un nouveau mandat en décembre. Il avait fait campagne sur le thème du changement, en faisant valoir que la croissance économique du Ghana n'avait pas eu d'impact sur la situation financière des ménages. Ses affiches de campagne le montraient à côté d'une silhouette en carton du président américain Barack Obama, dans une volonté de mettre l'accent sur son engagement envers le changement.

M. Atta Mills a passé la majeure partie de sa carrière à enseigner à l'université du Ghana. Il était titulaire d'un doctorat de la London School of Oriental and African Studies.

Le Ghana est considéré comme un modèle de démocratie en Afrique. Selon Chris Fomunyoh, directeur pour l'Afrique du National Democratic Institute for International Affairs à Washington, la démocratie ghanéenne est assez solide pour traverser cette épreuve.

Dans d'autres pays d'Afrique, la mort du président a souvent provoqué des coups d'État, comme en Guinée en 2008, après la mort du dictateur Lansana Conté, ou au Togo en 2005, quand l'armée a pris le pouvoir après la mort du président pour installer son fils aux commandes du pays.

«La démocratie ghanéenne a déjà été testée et ses institutions fonctionnent bien», a déclaré M. Fomunyoh. «Il n'y a pas de raison de penser que le Ghana et sa démocratie ne pourront pas gérer cet événement de façon appropriée.»

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