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Le président de l'Eurogroupe réaffirme «l'engagement à assurer la stabilité»

24/07/2012 11:18 EDT | Actualisé 23/09/2012 05:12 EDT

BRUXELLES - Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a réaffirmé mardi le «ferme engagement à assurer la stabilité de la zone euro», au lendemain de l'abaissement par l'agence de notation Moody's des perspectives de l'Allemagne, du Luxembourg et des Pays-Bas.

L'agence a abaissé de «stable» à «négative» la perspective des trois pays, ouvrant la possibilité d'une perte de leur note actuelle, «Aaa». Moody's a justifié sa décision par une probabilité en hausse de voir la Grèce sortir de l'euro, événement susceptible d'aggraver la crise financière en Europe.

L'annonce de Moody's est intervenue au lendemain d'une journée de forte baisse sur les places financières européennes, traduisant les inquiétudes des investisseurs concernant la zone euro et notamment l'Espagne, dont les taux d'emprunt ont atteint lundi 7,56 pour cent.

Dans un communiqué, l'Espagne a pour sa part demandé mardi la mise en oeuvre «immédiate» des accords conclus lors du dernier Conseil européen, les 28 et 29 juin pour enrayer la crise de la dette et aider les banques européennes.

«La rapidité est une condition essentielle au succès de toute action européenne, souligne le secrétaire d'État espagnol à l'Union européenne, Inigo Méndez de Vigo. Il y a un décalage inquiétant entre les décisions qu'a prises le Conseil européen et la mise en oeuvre des accords.» La France a toutefois démenti avoir été associée à ce communiqué présenté à l'origine comme commun à Madrid, Paris et Rome.

M. Juncker, également premier ministre du Luxembourg, dit sobrement prendre «note de la décision de Moody's qui confirme la notation très élevée d'un nombre important d'États membres de la zone euro».

L'Allemagne, le Luxembourg et les Pays-Bas, souligne-t-il, conservent des «fondamentaux sains», ainsi que d'autres pays de la zone euro. «Dans ce contexte, nous réaffirmons notre ferme engagement à assurer la stabilité de la zone euro dans son ensemble», a-t-il dit.

Les marchés financiers restaient stables mardi, malgré l'annonce de Moody's. En Grèce, le premier ministre Antonis Samaras a déclaré mardi que le recul du produit intérieur brut pourrait dépasser 7 pour cent en 2012, près du double des prévisions initiales. M. Samaras dit espérer un retour de la croissance «début 2014».

Une délégation de la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) est arrivée mardi à Athènes, afin de procéder à une évaluation de la situation budgétaire grecque et vérifier le respect des engagements pris par Athènes en échange de l'aide de la zone euro et du FMI. Pour le chef du Parti socialiste grec (PASOK) Evangelos Vénizelos, la renégociation des conditions des prêts accordés à la Grèce est inévitable.

La situation dans la zone euro a été au centre d'un entretien mardi à Paris entre le président François Hollande et le chef du Parti travailliste britannique, Ed Miliband.

«Nous avons tous deux exprimé notre préoccupation concernant la situation économique et la nécessité pour les gouvernements de continuer à travailler à résoudre la crise», a commenté M. Miliband. «Nous sommes d'accord sur le fait que nous ne pouvons pas résoudre les problèmes (...) sans une Europe de nouveau en croissance», a ajouté le chef du Parti travailliste. François Hollande, a estimé M. Miliband, a contribué «à faire avancer ce débat en Europe et au plan international».

Pour le moment, explique-t-on de source diplomatique française, «il n'est pas nécessaire de réunir un sommet».

«On est mobilisés, c'est pour cela que pour l'instant il n'est pas nécessaire de réunir un sommet parce que tout le monde se parle. On regarde la situation, on regarde les options, on se parle les uns aux autres, on regarde ce que disent les Espagnols, ce que disent les Italiens, on parle avec les Allemands, avec la Commission, les institutions européennes. On évalue la situation. Après, on verra s'il est nécessaire de mobiliser tel ou tel instrument mais on n'en est pas encore là», a-t-on ajouté.

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