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Journée cruciale pour le secteur automobile français mercredi

24/07/2012 03:54 EDT | Actualisé 23/09/2012 05:12 EDT

PARIS - La direction de PSA Peugeot Citroën en France et les syndicats du groupe se retrouvent mercredi pour un comité central d'entreprise au cours duquel seront dévoilés les détails du plan de restructuration prévoyant 8000 suppressions de postes. Dans le même temps, le gouvernement, qui entend limiter la casse sociale, doit présenter en conseil des ministres son plan stratégique d'aide à la filière automobile.

Lundi, le premier ministre Jean-Marc Ayrault a reçu le président du directoire de PSA, Philippe Varin. Il lui redemandé de limiter l'impact sur l'emploi, notamment de maintenir une activité industrielle à l'usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) dont la fermeture en 2014 va entraîner la suppression de 3000 postes.

Le premier ministre a également demandé la mise en place d'un plan de revitalisation sur le bassin d'emploi à Rennes, où 1400 suppressions de postes sont prévues, et l'accompagnement des sous-traitants et prestataires des deux sites, alors que la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) estime que 7000 emplois indirects pourraient disparaître en Seine-Saint-Denis avec la fermeture d'Aulnay.

Mercredi, la réunion du CCE commencera à 9h au siège de PSA à Paris. Les syndicats appellent les salariés à se rassembler en milieu de matinée devant le siège, avenue de la Grande Armée dans le XVIe arrondissement de la capitale. La CGT dit attendre quelque 1500 manifestants, appelant par ailleurs à la grève, notamment dans les usines d'Aulnay et de Rennes.

L'ordre du jour du CCE, dont Sipa a obtenu un exemplaire, prévoit d'ailleurs un point spécifique d'information et de consultation «sur le projet de licenciement collectif pour motif économique au sein des établissements d'Aulnay-sous-Bois et de Rennes».

De sources syndicales, on précise qu'une première phase de départs volontaires est prévue jusqu'en juin 2013 pour Rennes, et jusqu'en octobre 2013 pour Aulnay. Pour les autres sites, les réductions d'effectifs viseront les personnels de «structure» de l'entreprise (administration etc.) et devraient se faire dans le cadre d'un plan de départs volontaires, selon le document.

Des mesures de mobilité interne sont également envisagées. Pour les salariés d'Aulnay, dont l'usine devrait par ailleurs faire l'objet d'une reconversion, 1500 postes seraient proposés dans l'usine de Poissy.

Au cours de cette réunion, les syndicats devraient tenter de gagner du temps en votant une expertise, selon plusieurs d'entre eux, expertise qui ouvrira un délai de 45 jours, une fois lancée, avant que l'avis consultatif du CCE ne puisse être demandé par la direction.

Quelques heures avant cette réunion, la direction doit présenter le montant de ses pertes pour le premier semestre 2012. Lors du CCE du 12 juillet dernier, la direction avait fait état d'un «résultat opérationnel courant estimé de la division automobile (...) en perte de l'ordre de 700 millions d'euros», sur cette période.

La direction fait également état d'une contraction du marché automobile européen au premier semestre 2012, de -8 pour cent contre -5 pour cent en début d'année, soit -10 pour cent pour PSA Peugeot Citroën, «très exposé à l'Europe de sud», selon le communiqué diffusé par le groupe.

Côté gouvernement, mercredi en fin de matinée, Arnaud Montebourg présentera en conseil des ministres le plan d'aide à la filière automobile. Le 18 juillet, le ministre du Redressement productif avait précisé les pistes envisagées par le gouvernement: pas de retour de la prime à la casse, mais des mesures de «bonus-malus écologique» et un soutien «vers les véhicules innovants et propres, hybrides, électriques».

M. Montebourg doit également poursuivre ses consultations sur le dossier PSA cette semaine. Il recevra le président du conseil de surveillance du groupe, Thierry Peugeot, jeudi soir, après avoir rencontré Philippe Varin le 18 juillet et les syndicats le 17 juillet.

«Le gouvernement doit prendre position du côté des salariés et imposer à Peugeot le retrait de ce plan. Ce serait la moindre des choses dans cette période de crise économique d'interdire à une entreprise aussi riche le moindre licenciement et la moindre suppression d'emploi», a pour déclaré à Sipa Jean-Pierre Mercier, délégué CGT à l'usine d'Aulnay.

Quant à la manifestation prévue à Paris lors du CCE, «dans la mesure où les usines du groupe s'arrêtent le 26 juillet pour les quatre semaines traditionnelles de congés payés, ce sera une démonstration pour dire à la direction et au gouvernement 'rendez-vous dès le 4 septembre'», a ajouté M. Mercier. «On va reprendre nos forces pour répondre à la déclaration de guerre que la direction nous a faite le 12 juillet.»

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