Conrad Black veut être présent à son audience pour conserver l'Ordre du Canada

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CONRAD BLACK HUFFINGTON POST
CP

OTTAWA - Conrad Black estime que ce serait «le comble de l'insulte» que de le dépouiller de l'Ordre du Canada à cause de ses condamnations criminelles aux États-Unis, car aucun tribunal canadien ne l'aurait reconnu coupable.

Dans une déclaration sous serment déposée en Cour fédérale, l'ex-magnat de la presse demande une audience complète, avec témoins, devant les membres du conseil consultatif de l'Ordre, afin de pouvoir les regarder «droit dans les yeux».

Le conseil consultatif de l'Ordre doit décider s'il recommandera ou non la révocation de la prestigieuse récompense qu'avait reçue M. Black en 1990.

M. Black a été reconnu coupable aux États-Unis de fraude et d'entrave à la justice alors qu'il était à la tête du groupe de presse Hollinger International. Il a purgé 37 des 42 mois de sa peine, mais il soutient qu'il a été victime de diffamation par le système de justice américain.

Il est revenu au Canada en mars dernier en vertu d'un permis de résidence temporaire, après avoir été libéré d'une prison de Floride. Il avait renoncé à sa citoyenneté canadienne en 2001 afin d'être admis à la Chambre des lords britannique.

Le conseil consultatif de l'Ordre du Canada, dirigé par la juge en chef de la Cour suprême, Beverley McLachlin, peut recommander qu'une désignation soit révoquée lorsqu'un membre est reconnu coupable d'une infraction criminelle, ou si sa conduite s'éloigne de façon importante des normes généralement acceptées dans la société canadienne.

M. Black a fait appel à la Cour fédérale plus tôt ce mois-ci lorsque le conseil consultatif a refusé sa demande de plaider verbalement sa défense — le conseil l'autorise à présenter ses arguments à l'écrit seulement.

Des partisans de M. Black, notamment l'ancien secrétaire d'État américain Henry Kissinger — ami de longue date et ancien partenaire d'affaires —, ont d'ailleurs écrit des plaidoyers en sa faveur.

Une demi-journée d'audiences en Cour fédérale est prévue le 24 août prochain à Toronto afin de déterminer si M. Black pourra se présenter en personne devant le conseil consultatif.

M. Black estime qu'il a été traité de manière «inappropriée» et «injuste» durant sa «longue fréquentation» du système judiciaire américain, et prétend détenir des arguments «considérables» pour le démontrer.

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