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Ali Mamlouk, un général sunnite homme de confiance du président Assad

24/07/2012 09:59 EDT | Actualisé 23/09/2012 05:12 EDT

Le général Ali Mamlouk, devenu mardi le grand patron de l'appareil sécuritaire en Syrie, est un sunnite de Damas qui a fait toute sa carrière dans le renseignement et a su gagner la totale confiance du président Bachar Al-Assad.

Agé de 66 ans, le cheveu et la moustache grises, cet officier affable qui fume des cigarettes anglaises, marié à une femme originaire de Homs (centre), était depuis 2005 à la tête de la Sûreté de l'Etat, principal service de sécurité et le seul à être directement rattaché à la présidence.

Il était chargé de la lutte anti-terroriste et entretenait à ce titre des relations avec les services de renseignement étrangers, lorsque Damas a tenté de faire bonne figure auprès de l'Occident.

Un câble diplomatique révélé par Wikileaks indique qu'il a rencontré des diplomates américains en 2010 pour discuter des efforts pour intensifier la coopération avec Washington dans la lutte anti-terroriste.

Né en 1946, le général Mamlouk est un sunnite originaire de Damas, alors qu'une bonne partie des responsables de l'appareil de sécurité font partie de la minorité alaouite à laquelle appartient le président Assad.

Avant d'être nommé à la tête de la sécurité de l'Etat, il était numéro deux des redoutables services de renseignement de l'armée de l'air.

Un câble diplomatique américain datant de 2007 et révélé par Wikileaks évoque ses "activités contestables relatives au Liban et sa répression de la société civile syrienne et de l'opposition interne".

Le général Mamlouk a été nommé mardi chef du bureau de la Sécurité nationale, avec rang de ministre, et chapeaute désormais l'ensemble de l'appareil sécuritaire syrien.

Sa nomination est intervenue après un attentat le 18 juillet qui a décimé l'appareil sécuritaire du régime.

En avril 2011, peu après le déclenchement du soulèvement contre le président Assad, le gouvernement américain avait imposé des sanctions à l'encontre du général Mamlouk, le tenant pour responsable d'abus dans le domaine des droits de l'Homme, dont l'usage de violence contre les civils.

L'Union Européenne avait également imposé en mai des sanctions à l'encontre de l'officier le mois suivant, pour son rôle dans la répression des manifestations.

Selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), l'officier est impliqué dans la répression du soulèvement mais se pose en personnalité ouverte au dialogue avec des opposants de l'intérieur, dont il a rencontré plusieurs après leur libération de prison "pour les inciter à renier la violence et appuyer des réformes du régime du président Assad".

at/sk/sw

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