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Une juge manitobaine risque son poste en raison de 150 photos érotiques

23/07/2012 08:03 EDT | Actualisé 22/09/2012 05:12 EDT

WINNIPEG - Lentement, délibérément, et avec une expression de douleur sur le visage, Jack King a témoigné lundi du fait qu'il aimait prendre des photos sexuellement explicites de sa femme, qui est désormais une juge manitobaine risquant de perdre son emploi.

Dans le cadre d'une enquête du Conseil canadien de la magistrature, M. King a expliqué qu'il avait pris de 100 à 150 clichés. L'homme, un avocat, a déjà admis avoir publié en ligne des photos sexuellement explicites de sa femme, Lori Douglas, et d'avoir harcelé un ancien client nommé Alexander Chapman pour qu'il couche avec elle.

M. King a plaidé coupable, l'an dernier, à des accusations d'inconduite professionnelle et a dû verser 13 650 $ au Barreau manitobain, mais conserve sa licence pour pratiquer le Droit.

Mme Douglas risque une pénalité beaucoup plus sévère. Le groupe chargé de l'enquête pourrait recommander qu'elle perde son poste de juge. La décision finale revient au ministre fédéral de la Justice.

Mme Douglas et son mari ont maintenu que ce dernier avait agi sans qu'elle n'en soit informée, c'est-à-dire qu'elle ne savait pas que M. King avait publié en ligne des photos d'elles en 2003. Certaines la montre vêtue de façon suggestive, ou en train d'accomplir des actes sexuels. À l'époque, les deux époux étaient partenaires au sein de la même firme d'avocats, et M. King était l'avocat chargé du divorce de M. Chapman.

Lors de son témoignage, M. King a déclaré que Mme Douglas ne savait peut-être même pas qu'il avait conservé les photos, la plupart ayant été prises avec un appareil instantané Polaroïd.

Le témoignage de M. King, qui se poursuivra au cours des prochains jours, devrait refléter sa déclaration présentée lors de son audience disciplinaire de l'an dernier, où il a qualifié son comportement de «disgracieux» et dit qu'il ne pourrait jamais s'excuser suffisamment à sa femme.

Peu après que M. Chapman ait reçu les photos osées de M. King, il a menacé de le poursuivre pour harcèlement. En quelques semaines, M. Chapman a accepté un paiement de 25 000 $ de la part de King, en échange du retour de toutes les photos et de la promesse de ne jamais parler publiquement de l'affaire. M. Chapman a violé cette entente en 2010, affirmant continuer à souffrir.

Mme Douglas fait face à quatre accusations, soit d'avoir sexuellement harcelé M. Chapman, de ne pas avoir discuté de l'affaire lorsqu'elle a passé un processus d'embauche pour une nomination judiciaire en 2005, de ne pas avoir révélé tous les faits à l'enquête et d'avoir modifié en 2010 un passage de son journal remontant à 2003, et d'avoir sapé la confiance dans le système de justice et sa capacité d'agir comme juge en ayant accepté de prendre des photos érotiques.

Elle a toutefois, nié toutes les allégations. Elle devrait témoigner aussi tôt qu'à la fin de cette semaine.

L'avocate de Mme Douglas, Sheila Block, a demandé au groupe d'enquête de ne pas pénaliser sa cliente pour la trahison de son mari.

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