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Tunisie: comités de soutien aux condamnés pour des caricatures du prophète

23/07/2012 01:50 EDT | Actualisé 22/09/2012 05:12 EDT

Deux comités de soutien aux jeunes Tunisiens condamnés à de lourdes peines de prison pour la diffusion sur internet de caricatures du prophète ont annoncé leur création lundi, en dénonçant les atteintes à la liberté d'expression dans le pays.

Ces comités, l'un national l'autre international, sont composés de défenseurs des droits de l'Homme, de journalistes et d'intellectuels.

Près d'un mois après la confirmation en appel du jugement prononcé contre Jabeur Mejri et Ghazi Béji, deux jeunes Tunisiens, ils ont dénoncé des condamnations marquant "le retour (...) aux atteintes à la liberté d'expression" en Tunisie.

Ils ont aussi regretté "le manque d'interêt de la société civile" pour cette affaire, un an et demi après la chute du président déchu Ben Ali.

Jabeur Mejri et Ghazi Béji ont été condamnés fin juin en appel à sept ans et demi de prison pour avoir diffusé sur Facebook des caricatures du prophète.

Ils étaient poursuivis pour "trouble à l'ordre public, préjudice causé à des tiers à travers les réseaux publics de communication et atteinte à la morale".

M. Mejri est incarcéré, tandis que M. Béji a réussi à prendre la fuite et a trouvé refuge en Roumanie.

Leur cas n'a pas eu de grande résonance en Tunisie, alors que d'autres affaires mêlant religion, morale et justice ont suscité une levée de boucliers à l'instar de la condamnation à une amende du patron d'une chaîne de télévision pour avoir diffusé le film franco-iranien Persepolis dont une scène a été jugée blasphématoire.

Des ONG et l'opposition parlementaire tunisienne craignent une islamisation de la société sous l'influence du mouvement islamiste Ennahda, principal parti de la coalition au pouvoir.

Ennahda a d'ailleurs inclus la semaine dernière dans son programme politique la "criminalisation de l'atteinte au sacré", tout en se proclamant modéré et centriste.

ms-alf/mh/cco

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