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Redbox tente de redonner de l'allant au marché de la location de DVD au pays

23/07/2012 11:09 EDT | Actualisé 22/09/2012 05:12 EDT

TORONTO - Lorsque les principaux joueurs du marché des clubs vidéo Blockbuster et Rogers Video ont commencé à fermer leurs portes l'an dernier, certains cinéphiles ont espéré que cela précipiterait une nouvelle ère de possibilités numériques pour le marché canadien de la location.

Ils ont plutôt été laissés sur leur faim, alors qu'une poignée de nouveaux arrivants comme Netflix et iTunes ont fait le saut dans l'industrie valant plusieurs milliards avec une sélection parfois limitée en termes de nouveautés, et un catalogue qui en a poussé certains à regretter les vieux clubs vidéo empoussiérés d'autrefois.

Redbox arrive tardivement au Canada, mais l'entreprise sise en Illinois espère que son modèle fonctionnant à l'aide de kiosques permettra de donner du sang neuf au secteur alors qu'il mettra en marché son service de location de DVD dans des magasins au cours de l'année prochaine.

Si son succès chez les voisins du Sud est un indice de sa future performance canadienne, Redbox pourrait devenir un compétiteur sérieux, principalement en raison de son modèle de location abordable à 1,50 $ par jour, pratiquement du jamais vu au Canada.

La compagnie devra toutefois se battre contre le sentiment que les disques physiques sont un format en voie de disparition, et que les frais de retard sont une tracasserie.

Redbox a conclu des ententes pour installer ses kiosques dans des magasins Walmart et dans des dépanneurs Couche-Tard, ce qui permettra d'installer les machines sur le chemin des acheteurs impulsifs se procurant du lait et d'autres produits essentiels.

Alors que Redbox affirme être un pionnier, l'entreprise pénètre également sur un territoire que plusieurs autres ont exploré à petite échelle.

Au cours de la dernière année, les stands à DVD sont apparus à travers le pays, provenant de compagnies comme Best Buy, Playdium, Zip.ca et Planet DVD, chacun s'implantant dans des villes ou des banlieues spécifiques, et offrant une structure de facturation allant de 1 à 2 $ par location.

Les débuts de Redbox seront plus dynamiques que ceux de ses concurrents. Un déploiement national qui a débuté le mois dernier à Toronto et Vancouver permettra de mettre en marche jusqu'à 2500 kiosques d'ici la fin de 2013, permettant à Redbox de se présenter comme la plus importante chaîne de location du pays.

Fondée il y a plus d'une décennie, la compagnie a tout d'abord bâti sa réputation aux États-Unis en louant des DVD pour 1 $ par jour. Bien que les prix aient depuis légèrement augmenté, à un peu plus d'un dollar par film, Redbox demeure l'une des options de divertissement les plus populaires des États-Unis, venant tout juste de dépasser les deux milliards de locations dans ses 30 000 succursales.

La sélection de films de Redbox fait toutefois pâle figure comparativement au choix dans un club vidéo traditionnel. Chaque machine peut contenir environ 200 titres. La plupart sont des nouveautés, et bien que certains de ces films ne soient pas disponibles en ligne, d'autres grands films hollywoodiens ne sont pas présents chez Redbox pendant des semaines, en raison d'un calendrier de lancement décidé par les distributeurs.

Redbox doit également se battre contre la perte d'intérêt envers les disques physiques, dont les ventes déclinent depuis des années, une tendance qui laisse croire que davantage de consommateurs se sont habitués aux téléchargements numériques et aux services sur demande.

Lorsque Blockbuster a quitté le marché canadien, l'an dernier, l'entreprise a insisté sur le fait que le domaine des DVD était encore rentable, mais que son nouveau propriétaire américain devait se débarrasser de certains biens pour rembourser des dettes.

Rogers a raconté une histoire différente lorsque la compagnie a commencé à fermer des boutiques en 2011, déclarant que le secteur de la location vidéo était sur le déclin depuis 2005. En octobre dernier, les résultats financiers de l'entreprise ont démontré que les revenus tirés du secteur vidéo avait chuté de 46 pour cent comparativement à la même période de 2010, tombant ainsi à 60 millions $.

Les Canadiens doivent encore démontrer s'ils sont enthousiastes à propos de Redbox, bien qu'une étude commandée par la compagnie ait montré que le désir de louer des films n'avait pas disparu, même si le nombre d'options s'est considérablement réduit.

Près de la moitié des Canadiens ont loué un film d'un club vidéo dans la seconde moitié de 2011, alors que plus d'un quart des Canadiens étaient des cinévores, louant de six à 10 films au cours des trois derniers mois de l'année dans des magasins ou en ligne, a découvert l'étude de Redbox.

Depuis la fin du sondage, en janvier, plusieurs quartiers de villes canadiennes ont perdu la majorité de leurs clubs vidéo, et il est donc possible d'assumer que ce désir de location de films s'est amoindri.

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