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Pétrole: la Chine vise une acquisition sans précédent au Canada

23/07/2012 11:25 EDT | Actualisé 22/09/2012 05:12 EDT

La course mondiale aux ressources énergétiques que se livrent les grandes puissances a connu lundi une nouvelle accélération avec l'annonce par le géant pétrolier chinois Cnooc d'un accord pour l'acquisition du canadien Nexen pour 15,1 milliards de dollars américains.

Il s'agit potentiellement du plus important investissement chinois jamais effectué au Canada, qui illustre l'aspiration constante de Pékin à s'assurer l'accès aux ressources naturelles nécessaires à la poursuite de sa croissance.

Cet accord représente aussi un test pour le gouvernement conservateur canadien, qui affiche d'une part son souhait de diversifier le marché de ses exportations de richesses naturelles, mais qui est d'autre part réticent à céder à un groupe étranger --appartenant, en l'occurrence, à un Etat communiste-- le contrôle d'un groupe stratégique.

Un communiqué commun de Cnooc et Nexen présente la transaction comme quasiment acquise, mais celle-ci doit être encore approuvée par le gouvernement fédéral d'Ottawa qui décidera si elle apporte un "bénéfice net" à l'économie canadienne.

Les refus en la matière sont rares de la part du gouvernement conservateur canadien, mais comme il s'agit d'une importante compagnie énergétique --la 12e du pays--, les analystes ont immédiatement rappelé le précédent rejet de l'offre d'achat hostile, en novembre 2010, de l'anglo-australien BHP Billiton sur le numéro un mondial des engrais, le canadien Potash Corp.

En même temps, ils supposent que le géant chinois a dû chercher des assurances officieuses auprès d'Ottawa avant de se lancer dans l'opération.

Par ailleurs, l'éventuelle acquisition de Nexen par la Chine risque de susciter des réactions politiques aux Etats-Unis, où les républicains reprochent au président Barack Obama de pousser le Canada dans les bras de Pékin en refusant d'approuver le tracé de l'oléoduc Keystone XL, ce qui a conduit Ottawa à favoriser les exportations de son pétrole vers la Chine.

Washington pourrait être conduit à suggérer à Ottawa de ne pas autoriser la transaction, estime ainsi le quotidien de référence The Globe and Mail, tout en restant sceptique sur l'impact d'une telle démarche qui reste hypothétique.

Cnooc offre un prix de 27,50 dollars par action Nexen, soit une prime de 61% par rapport au cours de clôture du titre vendredi, et de 66% par rapport à la moyenne des derniers 20 jours ouvrables.

Un argument de poids pour convaincre les actionnaires qui doivent se prononcer d'ici le 21 septembre.

Le groupe chinois --qui avait essuyé un échec retentissant en 2005 dans sa tentative d'acheter la compagnie californienne Unocal pour 18,5 milliards de dollars-- a pris soin de préparer le terrain. Il a investi depuis 2005 quelque 2,8 milliards de dollars au Canada, et notamment dans une société partenaire de Nexen dans les sables bitumineux, MEG Energy.

Lundi, il a souligné son intention de garder les dirigeants canadiens de Nexen, d'établir son siège pour l'Amérique du Nord et l'Amérique centrale à Calgary, dans l'ouest du Canada, et d'introduire son titre à la bourse de Toronto.

La production de Nexen s'établissait en moyenne à 207.000 barils équivalent pétrole par jour (après redevances) au deuxième trimestre 2012. A fin 2011, ses réserves prouvées atteignaient 900 millions de barils équivalent pétrole et ses réserves probables, 1,12 milliard. S'y ajoutent des réserves estimées de 5,6 milliards de barils, surtout dans les sables bitumineux au Canada.

Le titre de Nexen est monté en flèche lundi matin à Toronto, gagnant 52,6% moins de deux heures après l'ouverture par rapport à la clôture de vendredi, pour s'établir à 26,39 dollars.

via/mdm

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