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L'Espagne et la Grèce affolent à nouveau les marchés

23/07/2012 06:03 EDT | Actualisé 22/09/2012 05:12 EDT

Les Bourses européennes ont à nouveau décroché lundi, entraînant l'euro dans leur chute, sur fond d'envolée des taux d'emprunt espagnols, après de nouvelles inquiétudes pour l'économie espagnole et autour du soutien européen à la Grèce.

La chute a été si forte que deux d'entre elles, particulièrement touchées, ont interdit les ventes à découvert de certains titres. La bourse de Milan a limité cette mesure aux valeurs financières (banques, assurances) mais celle de Madrid l'a étendue à toutes les actions.

Les ventes à découvert sont un mécanisme spéculatif qui consiste à emprunter un actif dont on pense que le prix va baisser et à le vendre, avec l'espoir d'empocher une forte différence au moment où il faudra le racheter pour le rendre au prêteur.

Cette mesure a permis de calmer un peu la situation à Madrid où la Bourse avait chuté de plus de 5% en cours de séance. La Bourse madrilène a finalement terminé en recul de 1,1%.

Idem à Milan où, après une chute de 5%, la Bourse a cédé finalement 2,76% à la clôture. Paris a chuté de 2,89%, Francfort de 3,18% et Londres de 2,09%. Athènes a dégringolé de son côté de 7,01%. Wall Street n'a pas échappé à la morosité: le Dow Jones a abandonné 0,79% et le Nasdaq 1,20%.

"C'est vraiment une situation quasi critique. Les marchés ne savent pas à quoi se raccrocher", a estimé Cyril Regnat, stratège obligataire chez Natixis.

Dans ce contexte, l'euro a accéléré sa chute, glissant à des niveaux plus vus depuis deux ans face au dollar et depuis 11 ans face au yen, ébranlé par les inquiétudes sur l'Espagne, mais également sur la Grèce.

Vers 21H30 GMT (23H30 à Paris), l'euro valait 1,2119 dollar contre 1,2152 dollar vendredi vers 22H00 GMT.

"Une peur contagieuse a fait trembler les marchés d'actions en Europe aujourd'hui, avec une conjonction de craintes sur une sortie imminente de la Grèce (de la zone euro) et la solvabilité des régions espagnoles et italiennes", a résumé Michael Hewson, analyste chez CMC Markets UK.

La situation de l'Espagne est au coeur des préoccupations des investisseurs. Les taux d'emprunt à 10 ans de Madrid ont atteint dans la matinée 7,5%, un nouveau sommet depuis la création de la zone euro en 1999. Ces taux sont jugés insoutenables sur la durée pour l'Espagne.

Les opérateurs se demandent si le pays ne sera pas contraint de demander une aide globale et pas seulement pour ses banques, même si le ministre espagnol de l'Economie, Luis de Guindos, a de nouveau écarté lundi un plan de sauvetage.

La Banque d'Espagne a annoncé lundi une aggravation du recul du Produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre (-0,4%), après -0,3% au premier trimestre, éloignant la perspective d'une sortie du pays de la récession.

Les marchés s'interrogent aussi sur le soutien des Européens à la Grèce, à la suite d'informations de la presse allemande. Le porte-parole du gouvernement ne s'est guère montré rassurant lundi, évoquant le scepticisme de Berlin quant aux chances de voir la Grèce sortir enfin de l'ornière où elle ne cesse de s'enfoncer depuis près de trois ans. Le ministre allemand de l'Economie Philipp Roesler avait déclaré la veille que le scénario d'une sortie d'Athènes de la zone euro avait "perdu de son horreur".

Le gouvernement grec rencontre cette semaine une délégation des trois institutions créancières du pays, Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international (FMI) pour discuter des réformes nécessaires au maintien de leur aide.

Selon les analystes, le seul espoir à court terme pour ramener le calme sur les marchés réside dans une intervention de la BCE. Cela "reste une possibilité dans les semaines à venir si la situation se détériore", estiment les stratèges de BNP Paribas.

Malgré ce vent de panique, le chef du gouvernement italien, Mario Monti, a indiqué qu'il ne voyait aucune raison d'organiser d'urgence un nouveau sommet sur la crise de la zone euro.

C'est dans ce contexte que l'agence de notation financière Moody's a abaissé de "stable" à "négative" la perspective pour la dette publique de l'Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg en raison de "l'incertitude croissante" sur l'issue de la crise de la dette, soulignant "la probabilité de plus en plus forte d'une sortie de la Grèce de l'euro".

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