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Le pétrole s'effondre de 3,69 dollars à New York, miné par l'Europe

23/07/2012 03:07 EDT | Actualisé 22/09/2012 05:12 EDT

Les prix du pétrole se sont effondrés lundi à New York, perdant plus de 3 dollars le baril dans un contexte de regain d'inquiétude pour la zone euro et de renchérissement du dollar, qui rendait l'or noir moins attractif.

Le baril de référence pour livraison en septembre, dont c'était le premier jour comme contrat de référence, a plongé de 3,69 dollars à 88,14 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

Dans le sillage des places boursières mondiales, les cours du pétrole ont dévissé face au regain d'inquiétude pour la zone euro, et ont perdu près de 4% en clôture par rapport à la séance précédente.

"Les inquiétudes au sujet de la Syrie et de l'Iran sont passées au second plan face aux derniers développements en zone euro, qui ont très fortement ébranlé la confiance des investisseurs, comme au début du mois", a noté Phil Flynn, de Price Futures Group.

Outre la Grèce, qui inquiétait toujours, les marchés sont "clairement en train de réagir" au cas espagnol, "où la dette souveraine a franchi le taux de 7,5%" jugé insoutenable sur la durée et à un nouveau plus haut depuis la création de la zone euro en 1999, a indiqué quant à lui Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.

En effet, loin d'être rassurés par l'approbation vendredi des modalités du plan de secours aux banques espagnoles allant jusqu'à 100 milliards d'euros par la zone euro, les investisseurs se sont surtout inquiétés de la demande d'aide le même jour de la région de Valence, une des plus importantes du pays.

"Les perspectives de croissance de la zone euro empirent et annoncent un déclin persistant de la consommation de brut", ce qui fait chuter les prix, a ajouté M. Lipow.

En outre, pour lui, "cette crise (de la zone euro) rend le marché du brut de plus en plus volatil et il est de moins en moins rare de voir de telles évolutions de prix en cours de séance".

Les cours ont également été plombés par l'influence baissière du renforcement du dollar à son plus haut face à l'euro en deux ans, ont noté les analystes de Commerzbank. La hausse du billet vert rend les achats de brut, libellés en dollar, moins attractifs pour les investisseurs munis d'autres devises.

"Et pour ne rien arranger, des rumeurs et des murmures nous arrivent de Chine, où l'économie pourrait ralentir plus que prévu avec un taux de croissance s'inclinant en-deçà du taux attendu de 7,5% au troisième trimestre", ce qui permet au cours du brut d'enregister "une chute royale", a pointé Matt Smith, de Summit Energy.

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