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23/07/2012 08:37 EDT | Actualisé 22/09/2012 05:12 EDT

JO-2012: Londres, un grand dynamisme et beaucoup de disparités

Avec le passage cette semaine de la flamme olympique dans ses 33 arrondissements, Londres renvoie au monde l'image d'une ville unie dans la fête, mais la réalité est moins lisse: la ville hôte des Jeux d'été (27 juillet-12 août) est tout en contrastes et disparités.

L'ancienne capitale de l'Empire britannique est aujourd'hui une métropole de premier plan, célébrée pour son dynamisme et son pouvoir de séduction: Londres a accueilli plus de 15 millions de visiteurs étrangers en 2011. C'est l'une des capitales européennes les plus populaires, avec Paris et Berlin.

Sa réputation d'audace architecturale ajoute à l'aura de cette ville où cohabitent sans état d'âme maisonnettes avec jardins et buildings ultra-modernes. Année après année, le ciel londonien se hérisse de gratte-ciel gigantesques, à l'instar du "Shard", le plus haut d'Europe, inauguré juste avant les JO.

Ses quelque 3.000 espaces verts contribuent aussi à faire de Londres l'une des capitales les plus vertes d'Europe. Il n'est d'ailleurs pas rare d'y croiser l'un des quelque 10.000 renards qui y ont élu domicile.

Ce qui ne l'empêche pas d'être aussi l'une des plus polluées, avec une qualité de l'air qui la classe en queue de peloton européen.

Une pollution favorisée par un trafic automobile incessant malgré un réseau de transports très étendu, mais qui pèche par sa vétusté et sa saturation.

Avec ses 30.000 magasins, Londres fait figure aussi de temple du shopping et ne répugne pas au gigantisme: le plus grand centre commercial d'Europe a été bâti juste à l'entrée du site olympique de Stratford. Il compte plus de 300 magasins, 70 restaurants, un casino, trois hôtels et un cinéma multiplexe. Coût: 1,7 milliard d'euros.

L'objectif est de régénérer l'est déshérité, mais certains n'y voient qu'un nouvel îlot artificiel de prospérité.

L'embrasement du quartier multiethnique de Tottenham il y a un an, à l'origine de plusieurs semaines de violentes émeutes, a jeté une lumière crue sur les disparités sociales et les difficultés d'intégration des nombreuses communautés immigrées dans la capitale.

Dans les quartiers huppés, les voitures de course sont légions, symboles de la réussite des traders de la City, première place financière en Europe.

Selon le classement établi par le magazine Forbes, Londres arrive en troisième position des villes comptant le plus de milliardaires dans le monde. Les 10% de ses habitants les plus fortunés sont 273 fois plus riches que les 10% les plus pauvres. Et les prix de l'immobilier s'envolent.

Un acheteur russe anonyme a payé il y a quelques mois la somme record de 140 millions de livres (179 millions d'euros) pour acquérir une riche demeure dans l'ouest de Londres.

Parallèlement, "plus d'un million de Londoniens vivent dans une relative pauvreté", selon une étude publiée en 2011.

Alors que dans les districts cossus de Kensington et Chelsea, l'espérance de vie masculine est parmi la plus haute d'Angleterre, dans certains quartiers défavorisés, elle est parmi la plus basse.

Le Grand Londres et ses 33 arrondissements comptent désormais plus de 8 millions d'habitants, soit une hausse de 12% en dix ans, la plus forte croissance de l'Angleterre et du Pays de Galles, selon le dernier recensement.

Un dynamisme lié notamment à l'apport de l'immigration, qui a transformé la ville en véritable mosaïque culturelle. Un Londonien sur quatre n'est pas né au Royaume-Uni.

Issue majoritairement du Commonwealth après guerre, l'immigration a été alimentée dans les années 2000 par un flux en provenance d'Europe de l'Est, notamment de Pologne.

Quelque 300.000 Français ont aussi succombé à ses charmes, hissant Londres au rang de "6e ville française".

na/alm/jr

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