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De nouvelles règles sont en vigueur en taekwondo pour effacer les controverses

23/07/2012 10:35 EDT | Actualisé 22/09/2012 05:12 EDT

LONDRES - Le taekwondo jouera sa survie olympique quand débuteront les combats de cet art martial coréen le 8 août à l'ExCeL Centre de Londres. Le CIO doit en effet se prononcer l'an prochain sur le maintien ou non de ce sport au programme olympique.

La Corée du Sud avait remporté quatre médailles d'or aux Jeux de Pékin en 2008 et sera de nouveau la nation à battre à Londres. Hwang Kyung-seon chez les moins de 67 kg chez les femmes et Cha Dong-min chez les plus de 80 kg chez les hommes essaieront de conserver leur titre olympique.

Alors que le CIO doit décider l'an prochain si le taekwondo restera un sport olympique, une controverse à Londres serait bien la dernière chose dont ce sport a besoin après les scandales qui ont émaillé les Jeux de Pékin.

Le taekwondo a en effet laissé un souvenir mémorable en 2008, mais pour de mauvaises raisons. Des décisions arbitrales très douteuses ont entaché plusieurs combats.

Ainsi, la Canadienne Ivett Gonda a dominé la Suédoise Hanna Zajc (-49 kg) mais a perdu son combat 2-0. Une autre erreur flagrante d'arbitrage s'est produit lors du quart de finale entre la Chinoise Chen Zhong et la Britannique Sarah Stevenson (moins de 67 kg). Chen menait 1-0 quand Stevenson lui a porté un coup de pied au visage à quelques secondes de la fin.

Seuls deux juges ont validé le coup alors qu'il aurait fallu au moins trois pour accorder à Stevenson deux points et donc la victoire. Mais après la reprise vidéo, la décision a été inversée et Stevenson a été déclarée gagnante sous les huées du public chinois.

Le taekwondo a touché le fond à Pékin quand le Cubain Angel Matos a été disqualifié pour avoir dépassé le temps imparti pour des soins médicaux. Il s'est vengé en balançant un coup de pied dans le visage de l'arbitre...

Les points dépendent maintenant d'un système électronique de notation et ne sont accordés que si le combattant frappe avec suffisamment de force le plastron de protection sur la poitrine de son adversaire. Les coups de poings sont autorisés à la poitrine, mais pas à la tête contrairement aux coups de pieds.

Les règles ont été récemment modifiées pour rendre les combats plus spectaculaires en valorisant les coups de pied au visage, même ceux avec un faible impact. Les coups de pied à la tête permettent d'engranger trois à quatre points alors que frapper à la poitrine ne rapporte qu'un point.

Le combattant américain Steven Lopez éprouve des sentiments mitigés sur le changement dans le système de notation.

«Le taekwondo est un sport de contact, note ce détenteur de cinq titres mondiaux et deux titres olympiques. C'est un peu idiot maintenant d'obtenir trois points juste en touchant la tête, mais j'appliquerai la stratégie nécessaire pour gagner.»

Le secrétaire général de la Fédération internationale de taekwondo, Jean-Marie Ayer, justifie ces changements par le désir de récompenser la vitesse et la légèreté au détriment de la puissance.

D'après Ayer, le nouveau système électronique de notation est beaucoup plus objectif et a permis de diminuer le nombre de plaintes des athlètes et entraîneurs, qui ont le droit à une reprise vidéo lors d'un point litigieux.

Ayer estime que les puissances traditionnelles comme la Corée du Sud et la Chine remporteront beaucoup de titres, mais espère que les pays en voie de développement comme l'Afghanistan et le Mali repartiront aussi avec des médailles.

Le Canada est représenté par trois athlètes à Londres: Karine Sergerie (67 kg), médaillée olympique d'argent à Pékin et qui représente de nouveau un espoir de médaille, Sébastien Michaud (80 kg) et François Coulombe-Fortier (plus de 80 kg).

Depuis l'introduction du taekwondo aux Jeux olympiques en 2000, de nombreux pays ont peaufiné leurs aptitudes de combat, et la domination traditionnelle de la péninsule coréenne en a pris un coup.

Preuve de la popularité grandissante du taekwondo à travers le monde, l'Iran possède une chaîne de télévision dédiée à ce sport ainsi qu'un championnat national. Rohullal Nikpaï est devenu un héros dans son pays quand il a remporté à Pékin la toute première médaille olympique dans l'histoire du sport afghan. Il a même reçu en récompense une maison de la part du président Hamid Karzaï.

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