NOUVELLES
23/07/2012 08:23 EDT | Actualisé 22/09/2012 05:12 EDT

Damas menace d'user d'armes chimiques en cas d'intervention étrangère

Le régime syrien a reconnu lundi pour la première fois posséder des armes chimiques et a menacé de les utiliser en cas d'"intervention" militaire des Occidentaux mais jamais contre sa population au moment où des combats violents opposent soldats et rebelles à Alep et Damas.

La Syrie a rejeté sans surprise la proposition des pays arabes d'un départ négocié du président Bachar al-Assad pour éviter les violences qui ont déjà fait plus de 19.000 morts en 16 mois de révolte.

Toujours impuissante à adopter une position commune, la communauté internationale, à l'instar des Européens, renforce ses sanctions sur le contrôle de l'embargo sur les armes. Américains et Européens accentuent également leur aide aux pays voisins de la Syrie où plus de 120.000 Syriens ont trouvé refuge pour fuir les combats.

A Damas, théâtre depuis plus d'une semaine de combats quotidiens, les exactions se multiplient. Au moins 23 personnes ont ainsi été "exécutées sommairement" par balles dimanche par les forces régulières durant des raids, certains portant des marques de torture, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Seize hommes, en majorité âgés de moins de 30 ans, ont été abattus dans le quartier huppé de Mazzé, dans l'ouest de la capitale, durant des perquisitions, a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH, sans être en mesure d'affirmer s'il s'agissait de civils ou de rebelles.

Sept autres ont été exécutés à Barzé (nord-est). L'OSDH décrit des victimes à la tête écrasée par des véhicules, les corps parfois transpercés par des baïonnettes ou les mains ligotées.

L'agence officielle Sana avait annoncé que l'armée opérait à Mazzé pour "rétablir la sécurité (...) en purifiant cette zone des groupes terroristes armés qui avaient terrifié les habitants et attaqué leurs maisons".

Les violences avaient fait 18 morts lundi en début d'après-midi selon un bilan provisoire de l'OSDH.

Damas, qui avait tu jusqu'à présent posséder un arsenal chimique, en dépit des accusation occidentales, a prévenu que ces armes chimiques et non conventionelles "stockées et sécurisées sous la supervision des forces armées (...) ne seront utilisées qu'en cas d'agression étrangère".

En revanche, le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Jihad Makdessi, a assuré qu'elles ne "seront jamais, jamais, utilisées contre nos citoyens, quelle que soit l'évolution de la crise".

Damas accuse les Occidentaux de désinformation pour justifier ensuite "une intervention militaire en mentant sur des armes de destruction massive".

La veille, la Maison Blanche avait prévenu les piliers du régime de Bachar al-Assad qu'ils devraient rendre des comptes s'ils n'en assuraient pas la sécurité.

Israël a également exprimé son inquiétude et prévenu qu'il ne pouvait pas "accepter" que des armes chimiques tombent aux mains du parti chiite Hezbollah libanais.

Après l'appel à la mobilisation générale la semaine dernière pour la "libération" de Damas et dimanche pour la bataille d'Alep, la deuxième ville du pays, le Conseil national syrien (CNS), principale instance de l'opposition syrienne, a demandé aux rebelles de redoubler d'efforts.

Le régime "vacille" mais "ne se rendra pas facilement", a ainsi estimé le porte-parole du CNS, George Sabra, dans un communiqué.

"Ce qui se passe à Damas et Alep et d'autres villes syriennes depuis plusieurs jours constitue une étape cruciale pour établir une nouvelle phase de l'histoire de notre pays, et de la région aussi", a ajouté l'opposant de longue date au régime d'Assad.

Lundi matin, une colonne de fumée noire s'élevait au-dessus de Mazzé, un quartier huppé de l'ouest de la capitale où des affrontements ont duré une partie de la nuit, selon un journaliste de l'AFP.

Parallèlement, l'armée syrienne a déployé de nouvelles troupes dans des quartiers de Damas et selon l'OSDH des perquisitions étaient menées à Mazzé, Nahr Aïché (sud) et à Lawane à Kafar Soussé (sud-ouest)".

Les soldats "contrôlent les grandes artères des quartiers où ils sont entrés, mais il y a encore des affrontements dans les ruelles", selon l'OSDH.

Au lendemain de l'appel de l'ASL à "libérer" Alep, des combats intenses se déroulaient dans la capitale économique du pays, notamment dans les quartiers de Sahour (est) et Hanano City (est).

Ce nouveau front s'était ouvert vendredi, les rebelles prenant le contrôle du quartier de Salaheddine, dans l'ouest de la ville.

"Il y a un grand mouvement d'exode dans Hanano City, al-Haïdariyé et Sakhour", indique l'OSDH.

Le colonel Kassem Saadeddine, porte-parole de l'Armée syrienne libre (ASL) à l'intérieur du pays, a indiqué à l'AFP que l'armée avait déployé 60 chars sur la route entre Homs (centre), ville-symbole de la contestation, et Hama, pour déloger les rebelles.

Aux frontières, dont les points d'entrée sont vitaux pour l'approvisionnement en armes, les rebelles contrôlent toujours un poste-frontière vital avec l'Irak, et trois avec la Turquie.

Les Occidentaux vont renforcer l'aide humanitaire aux réfugiés syriens: Washington a débloqué 100 millions de dollars pour la Jordanie qui accueille des dizaines de milliers de Syriens et les Européens ont doublé leur aide d'urgence la portant à 63 millions d'euros.

bur-kat/sk/sw

PLUS:afp