Cuisine: le club des chefs de chefs d'Etat, entre gastronomie et diplomatie

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Après Berlin, le Club des Chefs des Chefs fait escale à Paris.. | ©AFP PHOTO / JOHANNES EISELE

(Relaxnews) - Officier en tant que chef de cuisine pour les chefs d'Etat, c'est savoir marier l'art de la gastronomie à celui de la diplomatie. De passage à Paris après avoir fait escale à Berlin, le club des "Chefs des chefs", qui regroupe 25 grands cuisiniers internationaux, a dévoilé à la presse sa façon de travailler. Gilles Bragard, le créateur de ce cercle en 1977, admet lui-même que "ces chefs sont souvent dans l'ombre, mais occupent une place très importante dans la gastronomie et la diplomatie".

Gilles Bragard ajoute: "les chefs des chefs ont trois qualités principales. Ils sont les gardiens de la tradition culinaire de leur pays, ils nourrissent les chefs d'Etat et leur famille, mais sont aussi de bons diplomates".

Le repas pour détendre l'atmosphère
A titre d'exemple, Shalom Kadosh, le chef de cuisine du gouvernement israélien, a organisé l'an dernier un dîner de charité. Il a fait appel pour cela à 50% de chefs palestiniens et 50% de chefs israéliens, une première pour les cuisines de l'Etat d'Israël.

Cinq chefs du club ont également apporté leur savoir-faire à ce dîner, à savoir Bernard Vaussion, chef du Président de la République française, Cristeta Comerford, chef du Président des Etats-Unis, Christian Garcia, président du club et chef du Prince Albert de Monaco, Ulrich Kerz, chef du Chancelier fédéral d'Allemagne et Vakhtang Abushidi, Chef du Kremlin. Une façon de renforcer les liens internationaux avec Israël et la Palestine.

Même s'ils travaillent dans l'ombre, le rôle des chefs des chefs d'Etat est plus que primordial. Le créateur du club, Gilles Brégard, souligne que les chefs "essaient de créer un moment de partage et d'échange... Le repas est propice à la discussion".

Un repas pour mettre tout le monde d'accord
Il se rappelle une confidence de l'ancien chef des cuisines de l'Elysée, Marcel Le Servot. "Lors d'un sommet du G8, Valéry Giscard d'Estaing, alors Président de la République, a organisé le repas de clôture à Rambouillet. Il a alors fait venir son chef de cuisine, qui a été applaudi par l'assemblée présente. Le Premier ministre britannique avait lancé à Marcel Le Servot 'C'est grâce à vous qu'on a passé les meilleurs moments' de ce sommet".

Le travail peut parfois être ardu. Daryl Schembeck, chef des Nations-Unies à New-York, doit souvent mener un vrai travail d'équilibriste car il lui faut servir jusqu'à 200 couverts, pour des nationalités diverses et variées. "Pour élaborer mes repas, je dois tenir compte de différents paramètres, tels que les croyances religieuses et allergies alimentaires, sans oublier les goûts de chacun... ce n'est pas évident. De plus, je dois penser à des menus servis rapidement et consommables tout aussi rapidement. J'ai toutefois une ligne de conduite à tenir qui me simplifie la tâche. Les légumes verts suffisent souvent à mettre tout le monde d'accord", explique le chef.

Au service de la fonction
Etre chef de chefs, c'est aussi, et avant tout, travailler dans les coulisses du pouvoir. Bernard Vaussion, chef du Président de la République française, affirme qu'"au fil des ans, j'ai appris à servir la fonction... ce qui est normal, sinon on ne fait pas ce métier (rires)... mais cela n'empêche pas une certaine connivence".

Même son de cloche pour Christian Garcia, le chef de la principauté monégasque. "J'adapte ma cuisine aux goûts des chefs d'Etat reçus sur le Rocher. Par exemple, quand le Prince a reçu Nelson Mandela, j'ai imaginé un dessert baptisé Star of Africa, en référence au plus gros diamant trouvé en Afrique du Sud. La gourmandise avait la forme de la pierre précieuse et était composée de chocolat blanc, de mousse de framboise et de biscuit madeleine".

Ce souvenir a désormais un écho particulier dans le coeur du chef, et ce depuis le mariage du Prince Albert à Charlène Wittstock, elle-même sud-africaine, l'an dernier.

"Je me plais à ajouter une note de cuisine africaine à mes plats. J'ai ré-inventé le plat typique sud-africain du Potjiekos, qui mêle viande, légumes et riz ou pommes de terre, une sorte de pot au feu", explique-t-il.

"Ces chefs sont responsables du bien-être des grands de ce monde", conclut Gilles Bragard, le créateur du Club des Chefs. Même si certains pays, comme la Russie, n'hésitent pas à faire goûter les plats par des docteurs avant que le chef d'Etat lui-même ne se mette à table.

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