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22/07/2012 11:38 EDT | Actualisé 21/09/2012 05:12 EDT

Tour de France - Froome, le lieutenant d'Afrique

Chris Froome, transformé lieutenant de l'armée Sky auprès du colonel Wiggins, a dû rester cantonné au deuxième rôle bien qu'il soit apparu en pleine lumière dans les arrivées au sommet du Tour de France.

Le "Kenyan blanc", le surnom du coureur anglais qui est né à Nairobi voici 27 ans, a surgi l'an passé dans la Vuelta où il avait fait mieux que Wiggins. Depuis, sa cote n'a cessé de grimper au-delà de l'aspect énigmatique qu'il conserve à cause d'un potentiel inexploré et d'une trajectoire surprenante.

Froome a passé plus de trois saisons dans l'anonymat. Seul le distinguait son parcours, sa naissance "africaine" dans une famille de Brighton partie au Kenya, ses études d'économie dans un collège de Johannesburg en Afrique du Sud, ses débuts dans une modeste équipe de troisième division (Konica) en 2007.

Pendant ses deux années chez Barloworld, un groupe multiculturel d'identité sud-africaine, il découvre le Tour de France qu'il termine à la... 84e place en 2008. Puis, il rejoint Sky, à la création de l'équipe anglaise en 2010. Mais ce n'est qu'à l'été 2011 qu'il se fait un nom. Sa deuxième place dans la Vuelta, devant Bradley Wiggins, censé être son chef de file, le lance alors dans la carrière.

Deuxième de la Vuelta, deuxième du Tour de France... A chaque fois, Froome paye son dévouement à Wiggins, son respect des consignes. L'Anglais qui s'exprimer à voix posée dans un français prudent, reconnaît qu'il aurait pu gagner le Tour d'Espagne, au profil plus montagneux.

En revanche, il affirme ne pas nourrir de regrets dans le Tour au vu du parcours comportant plus de 100 kilomètres du contre-la-montre. Même s'il s'est montré le plus fort des favoris à chaque arrivée en altitude (La Planche des Belles Filles, La Toussuire, Peyragudes).

"L'an prochain, si le Tour est dessiné différemment, on reverra nos plans", a-t-il glissé dans un long entretien accordé à L'Equipe pendant le Tour, sous le regard de l'ancien coureur Dario Cioni passé dans l'encadrement de l'équipe britannique.

Froome, à la taille haute pour un grimpeur (1,86 m), est revenu sur sa maigreur qui confine à l'anorexie: "Essayez de dormir avec la faim, et vous y arriverez. Moi, c'est ce que je fais depuis trois ans."

L'Anglais s'est exprimé aussi sur la maladie parasitaire (la bilharziose) contractée en Afrique, un continent avec lequel il se sent en empathie: "Un genre de parasite qui se glisse sous la peau et vous mange les globules rouges. Je l'ai attrapé en trempant ma main dans de l'eau, probablement dans un fleuve, au Kenya, car j'aime beaucoup pêcher. Le problème, c'est que le parasite reste vivace, on ne guérit jamais. Parfois, j'ai du mal à récupérer."

"Je dois seulement me surveiller, faire des analyses tous les trois mois. La dernière fois, c'était fin mai", a expliqué Froome dont l'avenir passe désormais par les JO de Londres, en tant qu'équipier (encore !) de Mark Cavendish, et surtout la Vuelta.

Le 18 août, à Pampelune, il prendra le départ avec les responsabilités de leader de l'équipe Sky avec laquelle il est lié par contrat. Une nouveauté pour celui qui suscite beaucoup de convoitises de la part d'autres équipes.

jm/bvo

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