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22/07/2012 11:17 EDT | Actualisé 21/09/2012 05:12 EDT

Hollande garantit la sécurité des juifs "en toutes circonstances"

PARIS - François Hollande a présidé dimanche à Paris la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv, en promettant, 70 ans après ce "crime commis en France par la France", que la République pourchasserait "avec la plus grande détermination tous les actes, tous les propos antisémites". Une assurance qu'attendait la communauté juive, quatre mois après la tuerie de Toulouse.

Le chef de l'État a évoqué la fusillade perpétrée en mars à l'école Ozar Hatorah par un jeune islamiste se réclamant d'Al-Qaïda. "Il y a quatre mois, quatre mois, des enfants mouraient pour la même raison que ceux du Vel d'Hiv, parce qu'ils étaient juifs", a-t-il déploré.

"La sécurité des juifs de France n'est pas l'affaire des juifs, c'est celle de tous les Français", a insisté le président Hollande, en s'engageant à ce "qu'elle soit garantie en toutes circonstances et en tous lieux".

"Rien en la matière n'est indifférent. Tout sera combattu avec la dernière énergie", a promis le chef de l'État, qui s'exprimait en présence notamment du ministre de l'Intérieur Manuel Valls. "La République pourchassera avec la plus grande détermination tous les actes, tous les propos antisémites qui pourraient mener les juifs de France à se sentir inquiets dans leur propre pays".

La communauté juive réclamait ces assurances.

"Cet antisémitisme qui s'est exprimé dans notre pays avec une violence inouïe est aussi une réalité du quotidien qui ne mérite aucune faiblesse", a ainsi mis en garde Richard Prasquier, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), dans une allocution qui précédait celle de François Hollande.

"Toute complaisance est un boulevard ouvert au fanatisme", a averti M. Prasquier. "Cet antisémitisme-là, je sais, Monsieur le président de la République, que vous êtes déterminé à prendre des mesures concrètes pour l'extirper car il en va de ce qu'est la France", a-t-il ajouté. "La communauté juive vous fait confiance et fait confiance à la République".

Faisant lui aussi allusion à la fusillade de Toulouse, Serge Klarsfeld, qui préside l'association des Fils et filles de déportés juifs de France, a souligné qu'en France, "la haine anti-juive tue à nouveau des juifs, des enfants juifs". Cependant, contrairement à ce qui s'est produit durant la Seconde guerre mondiale, "aujourd'hui la République n'est pas menacée", a-t-il noté. "Nous avons confiance en elle pour endiguer et maîtriser ce nouvel antisémitisme qui jette aujourd'hui une ombre sur notre hommage aux victimes de la rafle du Vel d'Hiv".

Dans son discours, François Hollande a évoqué "la responsabilité de la France" dans l'arrestation et la déportation massives des juifs sous l'Occupation.

Les 16 et 17 juillet 1942, environ 13 000 juifs ont été arrêtés en région parisienne par les forces de police françaises sur instruction du gouvernement de Vichy. Plus de 8000 d'entre eux, en majorité des enfants, ont été parqués plusieurs jours au Vélodrome d'Hiver, près de la tour Eiffel, dans des conditions insalubres, tandis que près de 5000 adultes étaient internés à Drancy (Seine-Saint-Denis), avant d'être déportés vers les camps de la mort.

"Le crime fut commis en France par la France", a insisté dimanche le président de la République lors du 70e anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv. Il a souligné que la police française s'était "chargée d'arrêter des milliers d'enfants et de familles", que la gendarmerie avait ensuite escortés dans divers camps. "Pas un soldat allemand, pas un seul ne fut mobilisé pour l'ensemble de cette opération".

Son prédécesseur Jacques Chirac, avec qui il s'est entretenu samedi en Corrèze, avait reconnu pour la première fois la responsabilité de l'État français dans la déportation des juifs. Lors de la commémoration du 16 juillet 1995, Jacques Chirac avait déclaré: "Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'État français".

Alors qu'un récent sondage suggère une grande méconnaissance de la rafle du Vel d'hiv parmi les jeunes, le président Hollande a rappelé que l'école républicaine avait la mission de "transmettre le passé" et que la Shoah était inscrite au programme de CM2, de 3e et de 1ère.

"Il ne doit pas y avoir une seule école en France, un seul collège, un seul lycée, où elle ne puisse être enseignée", a plaidé le chef de l'État. "La Shoah, ce n'est pas l'histoire du peuple juif, c'est l'Histoire, c'est notre histoire. Il ne doit pas y avoir un seul établissement où cette histoire-là ne soit pleinement entendue, respectée, méditée".

Et François Hollande de promettre: "il n'y aura pas, dans la République française, de mémoire perdue"

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