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21/07/2012 05:29 EDT | Actualisé 20/09/2012 05:12 EDT

Syrie: violents combats à Alep

BEYROUTH (Sipa) — Pour la deuxième journée consécutive, de violents combats ont opposé samedi les forces gouvernementales aux insurgés de l'Armée syrienne libre (ASL) à Alep. Restée largement fidèle au président Bachar el-Assad, cette ville du nord du pays était jusque-là relativement épargnée par le conflit.

Les insurgés tentent de profiter d'une semaine de combats dans la capitale Damas, marquée par un attentat à la bombe qui a touché au coeur le régime alaouite, tuant quatre de ses hauts responsables, dont le ministre de la Défense, l'ancien général Daoud Rajha.

Les combats dans le quartier Saladin sont les premiers à toucher le centre d'Alep depuis le début du mouvement de contestation contre le régime du fils de Hafez el-Assad, en mars 2011. Plate-forme commerciale, Alep, le plus important foyer de population du pays, n'avait pas connu encore les violences meurtrières régulières qui ont accablé d'autres villes du pays.

Selon un militant syrien basé dans la ville, Mohammed Saïd, des dizaines de combattants de l'ASL sont entrés à Alep depuis la campagne et affrontaient les troupes du régime de l'intérieur de la ville.

"Cette nuit a été très dure, il y avait d'énormes explosions et les tirs n'ont pas cessé pendant plusieurs heures", a-t-il dit via la messagerie Skype. "Le soulèvement a fini par atteindre Alep".

Selon les Comités locaux de coordination et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, les combats à Alep ont contraint de nombreux habitants à fuir vers des secteurs plus calmes.

Damas et Alep sont deux bastions des élites qui ont bénéficié de liens étroits avec le pouvoir et abritent aussi des classes commerçantes et des minorités qui craignent un changement de régime. Mais depuis des mois, les insurgés ont gagné du terrain dans les villes et villages plus pauvres de la campagne autour d'Alep, se rapprochant de la frontière turque.

A Damas, un calme précaire régnait samedi, d'après des habitants et des militants syriens, mais des tirs et explosions sporadiques pouvaient être entendus.

Selon un habitant, la plupart des magasins de la capitale étaient fermés samedi et il n'y pas beaucoup de circulation. Les autorités ont installé des barrages routiers aux portes de la ville, tentant d'éviter qu'elle ne soit gagnée par les troubles dans ses banlieues rebelles. Beaucoup d'épiceries et de marchands de légumes commencent à manquer de provision, ajoutait ce témoin. Les ordures s'entassaient dans les rues de nombreux quartiers.

"La tension est palpable, les gens ont peur de ce qui pourrait se passer", a expliqué cet habitant joint par téléphone dans le quartier aisé de Mazzeh. "Beaucoup restent tout simplement chez eux".

D'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme et un militant basé à Damas, deux personnes ont été retrouvées mortes dans le quartier de Midane après un raid des forces du régime dans leur appartement. Les forces gouvernementales ont repris vendredi aux insurgés le contrôle de ce quartier du sud de la capitale, où des affrontements extrêmement violents s'étaient déroulés les jours précédents. Les troupes ont fièrement exhibé devant des journalistes les cadavres d'insurgés gisant dans les rues jonchées de décombres.

Des milliers de Syriens ont fui les combats dans la capitale, gagnant le Liban et l'Irak voisins.

A la frontière irakienne, les insurgés syriens ont pris le contrôle d'un deuxième poste-frontière, a annoncé samedi le gouverneur de la province irakienne de Ninive, Athil al-Noujaïfi. Les insurgés ont délogé samedi après-midi les autorités syriennes du poste-frontière avec la ville de Rabiya en Irak. Jeudi, ils s'étaient emparés du poste-frontière proche de la ville irakienne de Qaïm.

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