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La rébellion syrienne contrôle des postes-frontières, combats à Alep et Damas

21/07/2012 01:19 EDT | Actualisé 20/09/2012 05:12 EDT

La rébellion syrienne contrôlait samedi plusieurs postes-frontières avec l'Irak et la Turquie, vitaux pour l'approvisionnement en armes, et continuait d'affronter l'armée syrienne à Alep, 2e ville du pays et nouveau front de la contestation, tout en reculant à Damas.

Sur le front diplomatique, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, inquiet de la "détérioration rapide" de la situation, a estimé que le gouvernement syrien avait échoué dans la protection des civils.

M. Ban lui a demandé de "cesser les tueries et l'utilisation d'armes lourdes contre les agglomérations". Il a également dépêché en urgence à Damas le sous-secrétaire chargé des opérations de maintien de la paix, le diplomate français Hervé Ladsous.

Paris pour sa part estime qu'il faut préparer au plus-vite l'après Bachar al-Assad et souhaite "la formation rapide d'un gouvernement provisoire" qui devra être "représentatif de la diversité de la société syrienne".

Près d'une semaine de violents combats dans Damas et un attentat contre les principaux chefs de l'appareil sécuritaire au coeur de la capitale ont fragilisé le pouvoir. Et alors que les rebelles semblent marquer le pas dans la capitale, ils ont pris le contrôle de plusieurs postes-frontières.

A l'est, ils contrôlent désormais deux des trois principaux points de passage entre l'Irak et la Syrie, à Boukamal et Yaribiyah.

Au nord, la rébellion contrôlait déjà depuis vendredi le poste de Bab al-Hawa, situé en face du poste turc de Cilvegözü, dans la province turque de Hatay (sud), qui abrite des camps de réfugiés syriens.

En revanche, l'ASL a tenté en vain de conquérir un poste-frontière, au sud, avec la Jordanie, selon un haut responsable jordanien.

A l'ouest, la frontière avec le Liban est pour l'heure sous le contrôle complet de l'armée syrienne.

Alors que les combats s'intensifient, les rebelles ont plus besoin d'armes que jamais et le contrôle des frontières est vital pour son approvisionnement.

"7 personnes tuées à Damas, majoritairement par des snipers"

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Après des journées très meurtrières, le bilan des victimes en Syrie a connu une très relative baisse. Samedi, 26 personnes ont péri dans les violences, dont sept à Damas, majoritairement tuées par des tireurs embusqués, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

De violents combats opposent pour la 2e journée consécutive rebelles et soldats à Alep, la capitale économique de Syrie, selon des opposants joints par l'AFP et l'OSDH qui fait état de "dizaines de blessés".

"Les combats continuent dans des quartiers excentrés d'Alep et dans le quartier de Salaheddine dans l'ouest de la capitale, on entend des explosions et des tirs qui n'arrêtent pas", a déclaré à l'AFP Abou Hicham, un opposant joint à Alep par Skype.

Selon le militant, les rebelles contrôlent "une grande partie des quartiers Sahour et Tariq el Bab" et "les forces du régime ont riposté par des bombardements".

Restée au départ comme Damas à l'écart de la révolte populaire, Alep s'est mobilisée au cours des derniers mois.

Ce nouveau front s'était ouvert vendredi après l'annonce mardi par les rebelles du début de la "bataille de libération" de Damas.

L'armée, notamment les forces spéciales et la Garde républicaine, a lancé une contre-offensive dans la capitale qui lui a permis de reconquérir vendredi le quartier Midane à la suite de violents combats.

Signe d'une nervosité croissante de la population, les habitants se sont rués sur les supermarchés ces derniers jours.

"Je cours faire mes courses et je rentre tout de suite me terrer chez moi", affirme Souad, une mère de famille.

Selon l'OSDH, des bombardements violents ont frappé les quartiers al-Qadam et al-Assali.

Des obus sont également tombés près du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, où les écoles de l'UNRWA (Agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés de Palestine) ont été ouvertes aux réfugiés palestiniens et syriens des quartiers environnants qui fuient les combats, selon un militant dans le camp.

Selon l'OSDH, "des tirs nourris ont été entendus" samedi en milieu de journée dans le quartier huppé de Mazzé, dans l'ouest de la capitale.

"Des affrontements se déroulent dans les vergers à la limite du quartier et une grande partie des femmes et des enfants ont fui", a affirmé un militant, Abou Mohannad al-Mazzi, joint via Skype par l'AFP.

Dans la ville rebelle de Homs (centre), plusieurs quartiers dont Khaldiyé ont été pilonnés par l'armée qui tente d'en prendre le contrôle.

Et une mutinerie est en cours dans la prison centrale de Homs, selon un opposant qui a dit craindre "un massacre" dans l'établissement pris pour cible par les forces du régime.

Les mutins ont pris dans la nuit de vendredi à samedi le contrôle de l'un des deux bâtiments de la prison, après la défection d'une partie des gardes, selon Hadi Abdallah, porte-parole de la Commission générale de la révolution syrienne à Homs.

Des chars ont encerclé dans l'après-midi le bâtiment et les forces de sécurité ont commencé à ouvrir le feu en sa direction, selon M. Abdallah.

bur-at/kat/hj

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