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21/07/2012 05:45 EDT | Actualisé 20/09/2012 05:12 EDT

JO-2012 - Les judokas cubaines, peu de moyens mais de grandes ambitions

L'équipe féminine de judo cubaine et son imposant entraîneur Ronaldo Veitia Valdivie ont affiché leurs ambitions lors d'une semaine de préparation dans l'agglomération de Lille (nord de la France) pour les Jeux de Londres: rester dans l'élite mondiale malgré leurs faibles moyens.

A la tête des "muchachas" cubaines depuis 26 ans, Ronaldo Veitia Valdivie a l'un des plus plus beaux palmarès, juste derrière le Japon: 22 médailles en cinq participations aux JO, soit "une moyenne de 4,4 médailles" par édition, glisse-t-il dans un sourire.

Pourtant, Cuba ne compte que deux tatamis pour ses 1.650 licenciées femmes. Au dojo de la ville de Wasquehal, où ses athlètes ont été invitées à se préparer, "les conditions d'entraînement sont meilleures qu'à Cuba: les tatamis sont neufs et grands", souligne Onix Cortes Aldama, qualifiée dans la catégorie des -70 kg, celle de la championne du monde française Lucie Décosse.

"J'ai vraiment envie de remporter une médaille, j'ai été très bien entraînée et préparée pour ça", poursuit la jeune femme, 5e aux Championnats du monde de Paris en 2011 et "très émue de participer à (ses) premiers jeux Olympiques".

"Nous savons très bien ce qu'il manque à Cuba (...), mais on s'appuie sur ce qu'on a en trop, le sentiment d'identité nationale et la volonté d'être dans les premiers, tout le temps", estime Ronaldo Veitia Valdivie.

"Pour gagner, il faut travailler. (Le nombre de médailles), c'est juste Dieu qui le sait. Et il y a toujours une part de l'arbitrage dans les résultats", dit-il.

La commune de Wasquehal, retenue comme "base arrière" des JO de Londres, et le comité de judo du département du Nord, 20.000 licenciés, accueillent pour une semaine les Cubaines et leur volubile entraîneur, mettant à leur disposition équipement et judokas de la région pour des "randori" (combats légers).

"Le judo français a un très bon niveau, c'est pour ça que j'ai décidé de venir me préparer ici (...), et parce que tout a été pris en charge", insiste Ronaldo Veitia Valdivie.

"On est très heureux de donner à une équipe qui a moins de moyens, la possibilité de se préparer dans de bonnes conditions (...). Nous sommes évidemment derrière notre équipe de France, mais le judo c'est de l'entraide", explique le président du comité Nord, Jean-Philippe Parent.

Les judokas cubaines feront-elles mieux qu'à Pékin, où elles avaient gagné trois médailles d'argent et une de bronze?

"Les temps changent. La crise économique porte plus préjudice aux pays pauvres. Il y a de plus en plus de tournois internationaux, mais nous ne pouvons pas participer à tous (...). Parfois, sur un an, on a juste l'argent pour un tournoi", indique l'entraîneur cubain.

"Les Françaises, les Japonaises, les Coréennes, les Chinoises... Elles peuvent participer à tous les tournois internationaux avec deux athlètes par catégorie de poids, moi je ne peux même pas en aligner une à chaque fois", ajoute-t-il.

Si Ronaldo Veitia Valdivie a réussi à envoyer six athlètes à Londres (sur sept catégories), il regrette qu'en cas de blessures, courantes au judo, il ne puisse pas faire appel à une remplaçante, comme d'autres nations.

Mais les difficultés "nous rendent plus intelligents, les filles ça les rend plus fortes, on sait pourquoi on est là", conclut-il.

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