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21/07/2012 04:32 EDT | Actualisé 19/09/2012 05:12 EDT

JO-2012 - Australie: la technologie à l'aide des athlètes

Parcours cycliste virtuel, chambre de simulation d'altitude, capteurs au fond de la piscine: les athlètes australiens ont bénéficié de l'aide de la plus haute technologie, à Canberra, avant de se lancer pour la chasse à l'or olympique aux Jeux de Londres.

De l'extérieur, l'Institut australien du sport (AIS) n'est qu'un campus banal et verdoyant. Mais derrière ses murs de béton, dans ses piscines et sur ses terrains de sport, il a produit quelques unes des plus grandes stars du pays, dont le nageur Ian Thorpe, cinq fois champion olympique.

C'est ici par exemple que les cyclistes sur route de l'équipe australienne ont préparé la course en ligne du 28 août des JO. Devant un écran plasma !

Pour monter cette opération, baptisée "déjà vu 4", plusieurs coureurs australiens ont participé en août 2011 à l'épreuve test organisée sur le parcours même des Jeux: et chaque vélo était bardé de capteurs, caméras, GPS et autres appareils pour filmer le parcours, enregistrer la puissance développée à chaque coup de pédale, calculer le moindre pouce de dénivelé, etc.

Résultat: les coureurs australiens ont pu faire l'épreuve des dizaines de fois depuis un an, au sein de l'AIS à Canberra, devant un écran diffusant les images exactes de la campagne anglaise traversée par le circuit, sur un vélo programmé pour répliquer les moindres bosses et creux du parcours.

Selon David Martin, le physiologiste directeur de ce programme au sein de l'AIS, ce simulateur va donner aux coureurs australiens une confiance inégalable: "C'est le petit plus technologique qui peut faire la différence entre la 4e et la 3e place, voire entre la seconde place sur le podium et le titre de champion olympique".

Le nageur Tommasso D'Orsogna a lui aussi préparé son relais 4x100m nage libre à l'AIS. Dans un bassin équipé de dizaines de caméras pour filmer chaque mouvement sous tous les angles, ainsi que de capteurs sur les plots de départ et les murs mesurant au gramme près la force exercée par le concurrent au départ et à chaque demi-tour.

"La technique est devenue une part tellement importante, notamment dans les épreuves comme le 100 m nage libre", a expliqué D'Orsogna à l'AFP, lors d'une séance d'entraînement: "Dans un relais, il n'y a qu'un départ et un demi-tour, et il faut tout faire pour ne pas les rater, c'est là qu'il est possible de gagner beaucoup de temps".

De même les nageurs australiens et d'autres membres de l'équipe olympique pour Londres ont parfait leur entraînement en passant dans la chambre de simulation d'altitude de l'AIS, une méthode permettant aux athlètes de gorger leur sang de globules rouges et de l'oxygéner au maximum. Un outil indispensable en Australie, pays dont le sommet culmine à 2.228 m !

Dans ce dortoir de 14 lits installé au coeur de l'AIS, les athlètes peuvent profiter au maximum de la théorie du "vivre en altitude et s'entraîner au niveau de la mer", avec des nuits et des périodes de repos passées dans des conditions hypoxiques reproduisant un séjour à 3.000 m.

Michael Roeger, coureur de 800 m paralympique, ne jure plus que par ce dortoir d'altitude, dans lequel il est recommandé de passer 14 heures par jour sur des périodes de sept jours à un mois. Même si il admet avoir parfois trouvé le temps long.

"Les résultats ces trois dernières années après avoir suivi ce protocole ont vraiment été positifs pour moi", a-t-il affirmé.

Les outils technologiques ont progressé "à la vitesse de la lumière", selon Matt Favier, le directeur de l'AIS. Mais cela n'est qu'un ingrédient "dans la recette pour obtenir une médaille d'or", a-t-il concédé, tout en espérant que ce petit plus permette à l'Australie de terminer à la 4e place au tableau des médailles des JO de Londres.

"En fait tout se jouera à une ou deux médailles d'or", reconnaît-il.

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