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Combats à Alep, deuxième ville de Syrie, vive tension à Damas

21/07/2012 06:12 EDT | Actualisé 20/09/2012 05:12 EDT

Des affrontements opposaient samedi l'armée syrienne aux rebelles à Alep, deuxième ville de Syrie, où un nouveau front a été ouvert après le déclenchement de la "bataille de Damas" dans laquelle les forces régulières semblent avoir repris la main.

Près d'une semaine de violents combats à Damas ont fragilisé le pouvoir du président Bachar al-Assad, les rebelles marquant des points notamment en prenant le contrôle de plusieurs postes-frontières avec la Turquie et l'Irak.

Vendredi, 233 personnes --153 civils, 43 soldats et 37 rebelles-- ont été tuées dans les violences, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), d'après lequel le soulèvement déclenché en mars 2011 contre le régime a fait plus de 17.000 morts.

"Des affrontements se poursuivent depuis vendredi matin entre les forces régulières et des unités rebelles dans le quartier de Salaheddine", à Alep (nord), a indiqué l'OSDH.

Pour leur part, les Comités locaux de coordination (LCC, opposition) ont signalé "un exode des habitants du quartier, de peur des bombardements du régime et d'une offensive" contre Salaheddine, au coeur de la capitale économique du pays.

Restée au départ comme Damas à l'écart de la révolte populaire, Alep s'est mobilisée au cours des derniers mois, notamment à l'Université, centre nerveux de la contestation dans la ville.

Un nouveau front s'était ouvert vendredi dans cette ville, après l'annonce mardi par les rebelles du début de la "bataille de libération" de Damas.

L'armée a lancé une contre-offensive qui lui a permis de reprendre vendredi le contrôle du quartier Midane à la suite de violents combats.

La situation était très tendue samedi dans la capitale, où la circulation était extrêmement fluide en ce début de Ramadan, et des bombardements lointains ont été entendus pendant la nuit.

Signe d'une nervosité croissante de la population, les habitants se sont rués sur les supermarchés au cours des trois derniers jours.

"Depuis quelques jours, je cours faire mes courses et je rentre tout de suite me terrer chez moi", affirme Souad, une mère de famille.

Un habitant du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, dans la banlieue sud de Damas, a affirmé à l'AFP n'être pas sorti depuis mercredi. "Il est dangereux de sortir du camp en raison des tireurs embusqués postés à l'entrée et qui tirent sur tout rassemblement", a-t-il dit.

Selon l'OSDH, les quartiers de Qadam et Assali, dans la périphérie sud de la capitale, ont été bombardés par l'armée dans la nuit.

Après avoir donné l'assaut contre Qaboun (est), l'armée a pénétré dans les quartiers de Jobar (est) et Kafar Soussé (sud-ouest), selon l'OSDH.

Outre Midane, une source de sécurité avait indiqué vendredi à l'AFP que l'armée contrôle désormais Tadamoun (sud), Qaboun et Barzé (est). En revanche, de violents combats ont fait rage vendredi à Jobar, Roukneddine (nord) et surtout dans les "champs de Mazzé", Kafar Soussé et Daraya, au sud et à l'ouest.

D'autres habitants ont fait état de bombardements sur Hajar Asouad et Tadamoun, dans la périphérie de la capitale.

L'armée est également entrée à Chebaa, dans la banlieue de la capitale, après un bombardement qui a fait un mort et des dizaines de blessés, selon l'OSDH.

Dans la ville rebelle de Homs (centre), plusieurs quartiers dont Khaldiyé ont été pilonnés par l'armée qui tente d'en prendre le contrôle, selon la même source.

L'OSDH a également fait état de combats dans la ville de Deir Ezzor (est).

Selon le chef de cette organisation, Rami Abdel Rahmane, "les autorités ne contrôlent plus véritablement que 50 à 60% du territoire syrien".

Il a indiqué que des régions kurdes proches d'Alep, entourant la ville de Afrine, étaient "tombées sans résistance" aux mains des rebelles cette semaine.

La frontière libano-syrienne a connu un véritable exode au cours des jours. Le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU a évoqué des chiffres allant jusqu'à 30.000 réfugiés en 48 heures au plus fort des combats à Damas.

Les Syriens ont également fui vers la Jordanie et la Turquie.

Le mouvement d'exode s'est accéléré après un attentat spectaculaire mercredi à Damas qui a tué quatre hauts responsables du cercle rapproché du président Bachar al-Assad, dont son beau-frère, Assef Chawkat.

Les funérailles de trois d'entre eux se sont déroulées vendredi en présence du vice-président Farouk al-Chareh.

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