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Aurora: l'Amérique pleure ses morts, la police tente d'entrer chez le tireur

21/07/2012 10:14 EDT | Actualisé 20/09/2012 05:12 EDT

Des artificiers devaient tenter de pénétrer samedi dans l'appartement du tireur qui a tué 12 personnes et en a blessé 58 autres la veille aux Etats-Unis dans un cinéma proche de Denver (Colorado), lors d'une première du nouveau film Batman.

La tuerie a soulevé une vague d'émotion dans tout le pays, les candidats à la présidentielle de novembre, Barack Obama et Mitt Romney, ayant suspendu leur campagne. La fusillade a aussi relancé l'éternel débat sur la réglementation des armes à feu.

Des experts artificiers ont essayé jusqu'à la tombée de la nuit vendredi d'entrer dans l'appartement du tireur présumé du cinéma d'Aurora, dans la banlieue de Denver (ouest), après avoir découvert que le logement était piégé avec un arsenal de produits chimiques et explosifs.

"Il y a un amas de fils électriques, de fils de détente, de bocaux remplis de munitions, de liquides. Plusieurs choses qui ressemblent à des munitions de mortier. Entrer dans cet appartement en toute sécurité est un vrai défi", a expliqué le chef de la police d'Aurora, Dan Oates, lors d'une conférence de presse, ajoutant que les opérations reprendraient samedi.

A l'intérieur, les services de police espèrent pouvoir récolter des indices leur permettant de comprendre le mobile de James Holmes, 24 ans, habitant d'Aurora et qui a été arrêté sans opposer de résistance.

Il avait auparavant ouvert le feu dans une salle du multiplex "Century 16 Movie Theater" lors d'une première à minuit de "The Dark Knight rises", dernier volet de la trilogie Batman dont la sortie était attendue par des millions de fans.

Le dernier bilan fait état de 12 morts et 58 blessés.

Vendredi soir, les habitants d'Aurora se sont rassemblés pour des veillées. Des centaines de personnes endeuillées ont tenu des bougies et exprimé leur peine, en mémoire des morts et des blessés.

Samedi, dans son message radiophonique hebdomadaire, le président Obama a promis que "le gouvernement fédéral ferait tout pour traduire en justice le responsable de ce crime atroce". Il a donné l'ordre de mettre les drapeaux en berne sur les édifices publics jusqu'au 25 juillet.

James Holmes est un étudiant originaire de San Diego, en Californie, qui n'était jusqu'alors pas connu des services de police, hormis pour un excès de vitesse. Il allait quitter l'Université du Colorado où il était inscrit en neurosciences depuis juin 2011, a précisé un porte-parole de l'établissement dans le quotidien local Denver Post.

Sur une photo transmise par l'université, le jeune homme à la bouille ronde, les cheveux noirs légèrement décoiffés, affiche un sourire satisfait et porte un tee-shirt orange foncé. Le FBI le décrit comme un homme blanc de 1,90 mètre, né le 13 décembre 1987, n'ayant aucun lien avec le terrorisme.

Il avait néanmoins acheté plus de 6.000 cartouches sur l'internet ces deux derniers mois, selon le chef de la police d'Aurora. Ses services ont saisi un fusil d'assaut, un fusil à pompe et un pistolet dans sa voiture, et ont retrouvé un autre pistolet dans le cinéma. Les armes ont été acquises en toute légalité, selon le magasin qui les a vendues, Bass Pro Shops.

Cette nouvelle fusillade aux Etats-Unis (l'une des pires depuis celle de Virginia Tech en avril 2007 qui avait 33 morts) ravive le débat sur la réglementation des armes, un sujet que M. Obama est accusé d'avoir soigneusement évité depuis son arrivée à la Maison Blanche.

"Il y a des fusillades qui amènent les Américains à réfléchir à la violence par arme à feu, et celle-ci pourrait en être une", a déclaré à l'AFP John Sugarmann, président du Violence Policy Center, un centre de réflexion de Washington.

Le maire de New York, Michael Bloomberg, favorable à la réglementation des armes, a appelé "les deux hommes qui veulent être président des Etats-Unis à dire ce qu'ils vont faire à ce sujet, car il s'agit à l'évidence d'un problème qui concerne tout le pays".

La police de New York a annoncé qu'elle renforcerait les mesures de sécurité dans les cinémas diffusant Batman "par précaution contre d'éventuels imitateurs et pour améliorer le sentiment de sécurité des spectateurs". 

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