NOUVELLES

Syrie: à la frontière avec l'Irak, difficile de savoir qui tient le poste

20/07/2012 09:55 EDT | Actualisé 19/09/2012 05:12 EDT

Les combats ont déchiré la nuit dans ce bout de désert que se partagent Syrie et Irak. Les rebelles syriens s'en sont emparé. Puis, plus rien. Vendredi, le poste syrien de Boukamal, principal point de passage avec le voisin irakien, était désert.

Une clôture plantée dans le sable sépare la province irakienne d'Al-Anbar de la Syrie. Elle divise de petits vergers esseulés, cultivés de part et d'autre de la frontière. Côté syrien, la ville s'appelle Boukamal, et Qaim, côté irakien.

Après que l'Armée syrienne libre (ASL), formée de déserteurs et de civils armés, a pris le dessus sur l'armée fidèle à Bachar al-Assad jeudi soir, les Irakiens ont fermé leur poste-frontière, l'un des trois passages terrestres vers le voisin syrien sur cette frontière longue de 600 km.

Puis le vice-ministre irakien de l'Intérieur, Adnan al-Assadi a affirmé que les rebelles syrien contrôlaient toute la frontière. Par crainte de débordements, M. Assadi a mis en garde: "Si cette situation continue, nous allons fermer toute la frontière avec la Syrie".

Les affrontements féroces de la veille côté syrien ont d'ailleurs poussé l'armée et la police irakiennes à multiplier les patrouilles.

Mais de l'autre côté, à la mi-journée vendredi, ni combattants de l'ASL, ni soldats de l'armée syrienne n'étaient visibles. De loin, impossible de dire qui contrôle le poste-frontière.

La ville irakienne grouille, elle, de policiers et de soldats. Des points de contrôle ont été érigés. Et les habitants, qui bien souvent ont des proches côté syrien, étaient empêchés de se rendre en Syrie, tout comme les journalistes.

"Ces deux derniers jours, les combats n'ont pas cessé du côté syrien", raconte Abou Youssouf, un fonctionnaire irakien de 26 ans, à l'AFP. "On nous a dit que l'Armée syrienne libre contrôlait le poste-frontière".

Et le jeune homme de se lamenter. "Nos proches qui vivent du côté syrien nous ont appelé en nous disant: +On vous a aidés quand vous étiez en guerre contre les Etats-Unis. Et aujourd'hui, vous n'êtes pas capables de nous donner un coup de main?+".

Dans cette région majoritairement sunnite, nombre d'habitants sont membres de tribus qui font fi des frontières administratives.

Des proches en Syrie ont aussi demandé à Abou Youssouf des "poches de sang. Mais on ne peut pas leur faire parvenir parce que l'armée nous en empêche. Les soldats sont partout, leur présence atteint des niveaux inédits".

mah/gde/sbh

PLUS:afp