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20/07/2012 08:52 EDT | Actualisé 19/09/2012 05:12 EDT

Scènes de guerre dans Midane, à Damas, repris par l'armée syrienne

Les corps de trois rebelles syriens gisent, ensanglantés, près d'un pick-up surmonté d'une mitrailleuse lourde et d'un véhicule doté d'un lance-roquette, tous deux incendiés sur la place Assakhané, dans le quartier de Midane à Damas, repris à l'aube par l'armée loyaliste.

C'est à ce rond-point qu'ont eu lieu les combats les plus violents avec les rebelles, explique un militaire. Une fumée noire s'échappe de plusieurs appartements totalement dévastés.

Sur les murs, les slogans des rebelles: "Les révolutionnaires protègent Midane", "Homs est forte, Deir Ezzor saigne", "Nous ne nous mettrons pas à genoux", et à l'entrée d'une habitation est inscrit "Comité de coordination de Midane".

Pour la première fois, vendredi, des journalistes ont été conduits par les militaires dans ce quartier populaire du sud de Damas à bord de deux transports de troupes blindés.

La chaussée est recouverte de douilles de tous calibres, l'air sent la poudre, le minaret de la mosquée Al-Majid est troué par un obus: la bataille a été féroce entre les rebelles et l'armée loyale au président Bachar al-Assad.

Devant cette mosquée, d'où chaque vendredi partaient les manifestations contre le régime, deux blindés sont stationnés.

A côté, l'étal d'un marchand de légumes est renversé et des tomates, des oignons et des pommes de terre pourrissent sous le soleil de plomb. Les magasins sont fermés et le mot "grève" a été effacé vraisemblablement par les militaires.

D'autres magasins ont été saccagés et donnent le sentiment que les commerçants ont fui brusquement sans même avoir le temps de fermer leurs échoppes: ici, une chaussure de sport abandonnée dans la rue jonchée de bris de verre, là les façades d'immeubles criblées de balles ou trouées par des obus.

Dans ce quartier fantôme, règne un silence de mort, troublé par intermittence par des tirs d'armes automatiques. "Il reste quelques tireurs embusqués que nous allons déloger", assure un militaire.

Aucun civil n'est visible et des militaires casqués et protégés par des gilets pare-balles sont assis devant l'échoppe d'un barbier. L'un d'eux explique que ce sont les forces spéciales et la Garde républicaine, les unités d'élite, qui ont mené l'assaut.

La télévision d'Etat a annoncé vendredi avoir "nettoyé" ce quartier.

"Nos valeureuses forces armées ont nettoyé totalement la région de Midane à Damas des résidus des terroristes mercenaires et y a rétabli la sécurité", a indiqué la chaîne alors que l'armée a lancé une contre-offensive dans des quartiers rebelles de Damas.

"Des éléments armés ont pénétré dans le quartiers, attaqué les habitants qui nous ont appelés au secours. Nous avons commencé la reconquête avant-hier soir et terminé notre travail vendredi à l'aube", assure un officier qui ne veut pas donner son nom.

Dans la rue, un bus a enfoncé un feu de signalisation et un minibus est totalement calciné après avoir été touché par une roquette antichar. Le pare-brise d'une ambulance de la police a été détruit, un véhicule frappé du sigle de l'ONU abandonné.

Plusieurs appartements semblent avoir été occupés par les rebelles et de certains se dégage l'odeur âcre du sang. Les rebelles ont percé les murs pour passer d'une maison à l'autre, se déplacer à l'abri et éviter la rue et ses tireurs embusqués.

La télévision a diffusé, sur une musique martiale, des images de prisonniers menottés, accroupis, tête tournée vers le mur à Midane, ainsi que des stocks d'armes: kalachnikovs, mitrailleuses lourdes et lance-roquettes.

Selon un opposant à Damas, Ahmed Midani, "l'Armée syrienne libre a quitté le quartier à l'aube à cause de la violence des bombardements".

"Les rebelles ont emmené 200 civils, femmes et enfants, pour leur éviter d'être violés ou tués", a dit l'opposant. "Les fouilles de maisons et les arrestations continuent".

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), quelques manifestants sont sortis des mosquées de Midane après la prière du vendredi.

rim/sk/kat/feb

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