La mère de Mohamed Bouazizi, le vendeur ambulant dont le suicide a déclenché la révolution en Tunisie, a été condamnée vendredi à quatre mois de prison avec sursis et libérée après une semaine en détention, a appris l'AFP auprès du tribunal.

Manoubia Bouazizi, a été condamnée par le tribunal de première instance de Sidi Bouzid (centre-ouest) pour "outrage envers un fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions et atteinte aux bonnes moeurs", a indiqué une source au sein de cette instance.

Elle avait été arrêtée le 13 juillet puis placée en détention préventive à la suite d'une altercation verbale virulente avec un juge dans le hall du tribunal de Sidi Bouzid, selon le ministère de la Justice.

Mme Bouazizi était venue pour des documents permettant d'obtenir les dédommagements accordés par le gouvernement aux parents de Martyrs de la révolution.

La famille Bouazizi partage sa vie entre la Marsa (banlieue de Tunis) et Sidi Bouzid, point de départ des émeutes qui ont conduit à un soulèvement général jusqu'à la chute du président Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier 2011.

Six mois après la mort de Mohamed Bouazizi le 4 janvier, sa famille a dû quitter Sidi Bouzid, où elle a fait l'objet de rumeurs pour enrichissement indu.

Mohamed Bouazizi, 26 ans, s'est immolé par le feu le 17 décembre 2010 devant les bureaux du gouverneur de Sidi Bouzid pour protester contre les multiples saisies musclées par la police des denrées qu'il vendait sans permis pour faire vivre les siens.

Sa mort a déclenché un large mouvement populaire qui a mené à la chute de Ben Ali, sa fuite en Arabie saoudite et au début du "printemps arabe".