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20/07/2012 11:55 EDT | Actualisé 19/09/2012 05:12 EDT

Affaire Hissène Habré: la Belgique salue l'arrêt de la CIJ

La Belgique a salué vendredi la décision de la Cour internationale de justice (CIJ) ordonnant au Sénégal de poursuivre l'ancien président tchadien Hissène Habré, en estimant qu'il s'agissait d'une victoire contre "l'impunité des crimes de droit international les plus graves".

Les ministres belges des Affaires étrangères, Didier Reynders, et de la Justice, Annemie Turtelboom, "se réjouissent de la décision de la Cour qui fera date dans l'histoire du droit international", ont-ils réagi dans un communiqué commun.

La CIJ donne, selon eux, "gain de cause à la Belgique en déclarant que le Sénégal a violé ses obligations conventionnelles de poursuivre Hissène Habré, à défaut de l'extrader vers la Belgique".

"Cette décision consacre pour la première fois au plus haut niveau judiciaire dans le cadre des relations internationales - celui de la Cour internationale de Justice - l'obligation des Etats de lutter contre l'impunité des crimes de droit international les plus graves", ajoutent-ils.

La CIJ, le plus haut organe judiciaires des Nations unies, a ordonné vendredi que le Sénégal poursuive "sans aucun autre délai" l'ancien président tchadien, accusé de génocide commis par son régime (1982-1990), qui vit au Sénégal depuis sa chute.

La Cour avait été saisie en février 2009 par la Belgique, qui estimait que le refus de Dakar de poursuivre Hissène Habré pour crimes contre l'humanité ou de l'extrader "viole l'obligation générale de réprimer les crimes de droit international humanitaire".

Les ministres belges réaffirment la proposition de Bruxelles de "coopérer judiciairement" avec Dakar et de "soutenir financièrement l'organisation du procès au Sénégal".

La Belgique est en première ligne dans ce dossier, car plusieurs plaintes y ont été déposées en 2000 et 2001 contre Hissène Habré, notamment pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, par plusieurs victimes, dont certaines sont devenues belges après avoir obtenu le statut de réfugié politique.

Un juge d'instruction belge a ensuite délivré en 2005 un mandat d'arrêt international à l'encontre de l'ancien président tchadien, qui a été complétée par une demande d'extradition.

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