NOUVELLES

A Damas, scènes de guerre dans le quartier de Midane repris par l'armée

20/07/2012 07:17 EDT | Actualisé 19/09/2012 05:12 EDT

Sur la place Assakhané à Damas, dans le quartier de Midane repris vendredi à l'aube par l'armée loyaliste, trois corps de rebelles gisent la tête ensanglantée, à côté d'un pick-up surmonté d'une mitrailleuse lourde et d'un véhicule avec un lance-obus incendiés.

C'est à ce rond-point, qu'ont eu lieu les combats les plus violents avec les rebelles, explique un militaire. Une fumée noire s'échappe de plusieurs appartements totalement dévastés.

Sur les murs figurent encore plusieurs slogans des rebelles: "Les révolutionnaires protègent Midane", "Homs est forte, Deir Ezzor saigne", "Nous ne nous agenouillerons pas", et à l'entrée d'une habitation est inscrit "comité de coordination de Midane".

Pour la première fois, vendredi, des journalistes ont été conduits par les militaires dans ce quartier sud à bord de deux transports de troupes blindés.

Un peu plus loin, la chaussée est recouverte de douilles de tous calibres, l'air sent la poudre, le minaret de la mosquée al-Majid est troué par un obus: tout montre que la bataille a été féroce entre les rebelles et l'armée loyaliste qui a repris le contrôle de Midane, un quartier populaire de Damas.

Devant cette mosquée, qui fut le coeur de la contestation et d'où chaque vendredi partaient les manifestations contre le régime, deux blindés surmontés de mitrailleuses lourdes sont stationnés.

A côté, l'étal d'un marchand de légumes est renversé. Des tomates, des oignons et des pommes de terre pourrissent sous le soleil de plomb. Les devantures des magasins sont fermées et le mot "grève", écrit par les rebelles, a été effacé vraisemblablement par les militaires.

D'autres magasins sont saccagés. Les commerçants semblent avoir dû fuir brusquement sans même avoir le temps de fermer leurs échoppes. Une chaussure de sport a été abandonnée dans la rue qui est jonchée de bris de verre. Les façades d'immeubles sont criblées de balles ou trouées par des obus.

Dans ce quartier fantôme, règne un silence de mort. Par intermittence, on entend des tirs d'armes automatiques. "Il reste quelques tireurs embusqués que nous allons déloger", assure un militaire.

Aucun civil n'est visible et des militaires casqués et protégés par des gilets pare-balles sont assis devant l'échoppe d'un barbier.

L'un d'eux explique que ce sont les forces spéciales et la garde républicaine, les unités d'élite qui ont repris ce quartier, fameux pour les douceurs qu'on peut y trouver et que les Damascènes s'arrachent lors de la fête du ramadan.

La télévision d'Etat a annoncé "avoir "nettoyé" ce quartier. "Nos valeureuses forces armées ont nettoyé totalement Midane des résidus des terroristes mercenaires et y a rétabli la sécurité", a indiqué la chaîne.

"Des éléments armés ont pénétré dans le quartiers, attaqué les habitants qui nous ont appelés au secours. Nous avons commencé la reconquête avant-hier soir et terminé notre travail vendredi à l'aube", assure un officier qui ne veut pas donner son nom.

Dans la rue un bus a enfoncé un feu de signalisation car le chauffeur a certainement été pris de panique et un minibus est totalement calciné après avoir été touché par une roquette anti-char. Une ambulance de la police a son pare-brise détruit. Un véhicule frappé du sigle de l'ONU est également abandonné.

Plusieurs appartements semblent avoir été occupés par les rebelles et de certains se dégage une odeur âcre de sang.

L'armée a annoncé que d'énormes quantités d'armes, de matériel de communication, de munitions, de roquettes RPG y ont été trouvées.

La télévision a montré pour la première fois des corps qu'elle présente comme ceux de "terroristes" dans une chambre avec des fusils mitrailleurs à côté d'eux.

rim/sk/sw

PLUS:afp