La moitié de la population des Etats-Unis détient 1,1% de la richesse nationale selon un rapport du Centre de recherche du Congrès (CRS) disponible en ligne jeudi et apportant une nouvelle preuve de la montée des inégalités dans le pays depuis une quinzaine d'années.

Ces chiffres, qui décrivent l'état des lieux en 2010, montrent une nette dégradation de la situation de la moitié des habitants les plus pauvres du pays puisqu'ils possédaient 2,5% de la richesse nationale en 2007 et 2,8% en 2001, indique ce rapport intitulé "Analyse de la distribution de la richesse entre les ménages de 1989-2010".

Sur cette période, selon les chiffres du CRS, organisme indépendant chargé de documenter et d'éclairer les élus, la part de la richesse détenue par la moitié la plus pauvre du pays a atteint un pic à 3,6% en 1995 (contre 3,0% en 1989).

Le rapport confirme que, depuis 2001, date de l'entrée en fonction du président George Bush fils, la frange la plus aisée de la population ne cesse de s'enrichir: 1% des Américains les mieux lotis détenait ainsi 34,5% de la richesse du pays en 2010, contre 32,7% en 2001, et les 10% les plus riches en détenaient ensemble 74,5% il y a deux ans.

La récession de 2007-2009 et la crise ont contribué à creuser les inégalités. Selon le dernier rapport du Bureau du recensement américain sur la pauvreté et les salaires (paru en septembre), le taux des personnes vivant sous le seuil de pauvreté s'est établi en 2010 à 15,1%, son niveau le plus élevé depuis 1993, et le revenu médian ne cesse de baisser depuis 2007.

Arrivé au pouvoir en janvier 2009, le président démocrate Barack Obama, qui cherche à se faire réélire pour un second mandat en novembre, propose depuis bientôt deux ans de supprimer les avantages fiscaux accordés par le républicain George W. Bush aux ménages les plus aisés, mais faute de disposer d'une majorité dans les deux chambres du Congrès, il ne parvient pas à ses fins.

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  • 8: Québec: 22 %

  • 8: Québec: 22 %

    Avec une hausse de 22 % de l'écart entre les plus riches et les plus pauvres, la ville de Québec enregistre la plus faible croissance des inégalités parmi les grandes villes canadiennes. Toutefois, Québec a enregistré une baisse de revenus dans 6 quartiers sur 10 entre 1980 et 2005, l'une des plus importante au pays.

  • 7: Winnipeg: 31,5 %

  • 7: Winnipeg: 31,5 %

    Winnipeg a enregistré une hausse de 31,5 % de l'écart entre riches et pauvres entre 1980 et 2005. Les plus pauvres ont vu leurs revenus fondre de 7,6 %, tandis que les 10 % les plus riches enregistraient une hausse de revenus de 24 %.

  • 6: Montréal: 34 %

  • 6: Montréal: 34 %

    L'écart entre riches et pauvres à Montréal a grimpé de 34 % à Montréal de 1980 à 2005. Les plus pauvres ont vu leurs revenus baisser de 10 %, tandis que les 10 % les plus riches enregistraient une hausse de revenus de 24 %.

  • 5: Vancouver: 36,5 %

  • 5: Vancouver: 36,5 %

    L'écart entre riches et pauvres à Vancouver a grimpé de 36,5 % de 1980 à 2005. Les plus pauvres ont vu leurs revenus baisser de 10,5 %, tandis que les 10 % les plus riches enregistraient une hausse de revenus de 26 %.

  • 4: Ottawa: 37 %

  • 4: Ottawa: 37 %

    L'écart entre riches et pauvres à Ottawa a grimpé de 37 % de 1980 à 2005. Les plus pauvres ont vu néanmoins leurs revenus grimper de 1,3 %, mais les 10 % les plus riches ont enregistré une hausse de revenus de 36 %.

  • 3: Edmonton: 39 %

  • 3: Edmonton: 39 %

    L'écart entre riches et pauvres à Edmonton a grimpé de 39 % de 1980 à 2005. Les plus pauvres ont vu leurs revenus baisser de 7,8 %, tandis que les 10 % les plus riches enregistraient une hausse de revenus de 31,5 %.

  • 2: Toronto: 68 %

  • 2: Toronto: 68 %

    L'écart entre riches et pauvres à Toronto a grimpé de 68 % de 1980 à 2005. Les plus pauvres ont vu leurs revenus baisser de 5,5 %, tandis que les 10 % les plus riches enregistraient une hausse de revenus de 62,5 %.

  • 1: Calgary: 81 %

  • 1: Calgary: 81 %

    Avec une hausse de écart entre riches et pauvres de 81 %, Calgary remporte la palme de la ghettoïsation. Selon les chercheurs, la hausse des revenus dans les quartiers les plus riches n'a pas entraîné les quartiers les plus pauvres vers de meilleurs revenus.