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19/07/2012 03:41 EDT | Actualisé 18/09/2012 05:12 EDT

Tunisie: report du débat sur le nouveau chef de la Banque centrale

L'Assemblée nationale Constituante (ANC) de Tunisie a reporté jeudi le débat sur la candidature de Chedly Ayari, 79 ans, à la tête de la Banque centrale (BCT), après une irrégularité qui a provoqué une polémique et un tollé dans les rangs de l'opposition.

"Nous nous sommes mis d'accord avec tous les chefs des groupes parlementaires sur un report de l'examen de la décision républicaine de nommer un nouveau gouverneur" de la BCT, a déclaré le président de l'ANC, Mustapha Ben Jaafar.

La mise à l'ordre du jour de la nomination de M. Ayari par la présidence tunisienne a déclenché la colère de députés de l'opposition, la lettre à ce sujet étant datée du 11 juillet alors que l'ANC n'a approuvé le limogeage du précédent, Mustapha Kamel Nabli, que mercredi.

"De quel droit le président se permet de nommer (un gouverneur) le 11 juillet, alors que l'autre n'a été démis qu'hier?" a lancé Ibrahim Kassas, emblématique élu de l'opposition.

M. Ben Jaafar a expliqué que le président Moncef Marzouki avait signé à l'avance le document en raison de son absence du pays cette semaine. "Il ne pouvait pas signer cette décision aujourd'hui car il n'est pas en Tunisie", a-t-il déclaré, le chef de l'Etat tunisien achevant une visite en France.

Un député d'opposition, Mahmoud El Baroudi a ensuite dénoncé une décision "digne d'une république bananière" et estimé que M. Marzouki ne représentait pas le pays, provoquant les cris des partisans du chef de l'Etat.

Le président de l'ANC a alors ordonné une interruption de séance. A la reprise, la question a été retirée de l'ordre du jour.

Le limogeage de M. Nabli avait déclenché un long feuilleton politico-juridique avec des débats très tendus à l'ANC, l'opposition dénonçant notamment un vice de forme.

En effet, Moncef Marzouki a limogé M. Nabli le 27 juin mais cette décision n'a été soumise à l'ANC que le 17 juillet. Or, l'assemblée doit, selon la loi, se prononcer sur ce type de décisions dans les quinze jours.

Les élus d'opposition ont dénoncé, sur le dossier de la Banque centrale, un diktat de la coalition au gouvernement dominée par les islamistes d'Ennahda. Ce parti est allié au Congrès pour la république (CPR) de M. Marzouki et à Ettakatol de M. Ben Jaafar, deux formations de centre-gauche.

mh-alf/tp

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