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Tunisie: les députés débattent du candidat à la tête de la Banque centrale

19/07/2012 12:13 EDT | Actualisé 18/09/2012 05:12 EDT

Les élus de l'Assemblée nationale Constituante (ANC) de Tunisie débattaient jeudi de la candidature de Chedly Ayari, 79 ans, à la tête de la Banque centrale au lendemain du limogeage de Mustapha Kamel Nabli, une séance qui a débuté d'emblée avec une polémique.

"L'ordre du jour concerne aujourd'hui la nomination du gouverneur de la Banque centrale", a déclaré devant les députés le président de l'ANC Mustapha Ben Jaafar, précisant que le candidat, désigné par le président Moncef Marzouki, était M. Ayari.

Cette annonce a immédiatement déclenché la colère de députés de l'opposition, la lettre de nomination du nouveau gouverneur étant datée du 11 juillet alors que l'ANC n'a approuvé le limogeage de M. Nabli que mercredi.

"De quel droit le président se permet de nommer (un gouverneur) le 11 juillet, alors que l'autre n'a été démis qu'hier?", a lancé Ibrahim Kassas, emblématique élu de l'opposition.

M. Ben Jaafar a expliqué que le président Marzouki avait signé à l'avance le document en raison de son absence du pays cette semaine.

"Il ne pouvait pas signer cette décision aujourd'hui car il n'est pas en Tunisie", a-t-il déclaré, le chef de l'Etat tunisien achevant une visite en France.

Moncef Marzouki a limogé M. Nabli le 27 juin mais cette décision n'a été approuvée par l'ANC qu'après trois semaines d'un feuilleton politico-juridique.

L'opposition a dénoncé sur ces dossiers un diktat de la coalition au gouvernement dominée par les islamistes d'Ennahda. Ce parti est allié au Congrès pour la république (CPR) de M. Marzouki et à Ettakatol de M. Ben Jaafar, deux formations de centre-gauche.

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