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Syrie: Russie et Chine "du mauvais côté de l'Histoire", prévient Washington

19/07/2012 02:30 EDT | Actualisé 18/09/2012 05:12 EDT

Washington a estimé jeudi que la Russie et la Chine s'étaient placées "du mauvais côté de l'Histoire" en bloquant une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie, et promis d'agir désormais "en dehors" du cadre de l'instance dans ce dossier.

Moscou et Pékin "sont du mauvais côté de l'Histoire", a lâché le porte-parole du président américain Barack Obama, Jay Carney. Lors d'un point de presse dans l'avion Air Force One qui transportait le président Barack Obama de Washington en Floride (sud-est), il a dénoncé la décision "d'une très petite minorité du Conseil de sécurité".

Ce blocage constitue une "décision extrêmement regrettable qui aura, à mon avis, des répercussions à long terme pour les pays qui ont opposé leur veto à la résolution, sur la façon dont ils sont considérés par les Syriens", a encore dit le porte-parole.

Pour M. Carney, "il ne fait aucun doute que l'avenir de la Syrie se fera sans (le président syrien) Bachar al-Assad. Ses jours au pouvoir sont comptés. Soutenir ce régime au moment où il touche à sa fin représente une erreur".

Il s'agissait du troisième double veto russo-chinois aux tentatives de l'ONU pour faire pression sur Damas depuis le début du conflit en Syrie il y a 16 mois.

Ce nouveau blocage a eu lieu au lendemain d'une conversation téléphonique entre M. Obama et son homologue russe Vladimir Poutine, au terme de laquelle les deux parties avaient constaté la persistance de leurs divergences, même si Washington avait dit vouloir continuer à oeuvrer à une solution vers une "transition politique" en Syrie, allié stratégique de Moscou.

A la suite du vote de jeudi, la mission dirigée par l'émissaire Kofi Annan en Syrie n'a plus lieu d'être, et les Etats-Unis ne soutiendront pas la prolongation de son mandat, a affirmé M. Carney.

"Les Etats-Unis ne soutiennent pas l'idée d'envoyer des employés de l'ONU sans armes en Syrie pour essayer d'observer les violences dues au régime Assad, quand il n'existe pas de dispositif (...) pour que le régime subisse les conséquences d'avoir manqué à ses obligations" prévues par le plan Annan, a dit le porte-parole.

Toutefois, l'ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice a ensuite indiqué que les Etats-Unis "seraient prêts à envisager une dernière et brève prolongation (...) s'il s'agit de permettre aux observateurs et au personnel civil de se retirer en sécurité et dans l'ordre". Mais, a-t-elle ajouté, la mission ne peut pas se poursuivre s'il n'y a aucune amélioration de la situation entre-temps.

La diplomate a elle aussi dénoncé le veto de Moscou et Pékin. "Le Conseil de sécurité a totalement échoué dans sa tâche la plus importante cette année", a estimé Mme Rice, qui a accusé Russes et Chinois de protéger leur allié syrien.

"Nous allons intensifier nos efforts avec différents partenaires hors du Conseil de sécurité pour faire pression sur le régime Assad et fournir de l'aide à ceux qui en ont besoin", a-t-elle promis.

Interrogé sur la stratégie américaine pour la Syrie après l'échec à l'ONU, le porte-parole du département d'Etat Patrick Ventrell a indiqué que les Etats-Unis "se préparaient à tous les scénarios", que "toutes les options étaient sur la table" même si "notre préférence va à une solution pacifique".

Mme Rice a aussi mis en garde Damas à propos de son stock d'armes chimiques, affirmant que le gouvernement syrien serait "tenu pour responsable de son utilisation" éventuelle contre la population civile.

"A mesure que la situation se dégrade, l'éventualité que ce régime envisage d'utiliser des armes chimiques contre son propre peuple devrait être une source d'inquiétude pour nous tous", a-t-elle dit.

Plusieurs pays, dont les Etats-Unis et la France, ont exprimé des craintes sur des mouvements d'armes chimiques en Syrie depuis des déclarations à ce sujet de l'ancien ambassadeur de Syrie en Irak ayant fait défection le 11 juillet, Nawaf Farès.

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